Décès de la reine Elizabeth II: Charles III en tête de la procession

Décès de la reine Elizabeth II: Charles III en tête de la procession
AFP

Quatre jours après la mort d’Elizabeth II dans son château écossais de Balmoral et une semaine avant ses funérailles en présence de quelque 500 dignitaires étrangers et de millions de visiteurs, l’émotion reste forte au Royaume-Uni, et le public nombreux pour accompagner le dernier voyage de la populaire souveraine.

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Après avoir rejoint Edimbourg dimanche à travers la campagne écossaise, son cortège funéraire a quitté le palais de Holyroodhouse, résidence officielle de la reine en Ecosse où le cercueil a passé la nuit, à 14H35 (13H35 GMT) pour se rendre à la cathédrale Saint-Gilles.

En ligne, les quatre enfants d’Elizabeth II ont suivi le corbillard à pied sur plus d’un kilomètre dans la vieille ville de la capitale écossaise: Charles III, les princes Andrew et Edward ainsi que la princesse Anne ont marché en rythme, tous en uniforme militaire à l’exception d’Andrew, en retrait de la monarchie à la suite des accusations d’agressions sexuelles auxquelles il a mis fin en payant des millions de dollars.

Une particularité qui confirme la mise à l’écart de celui qui a souvent été qualifié de «fils préféré» d’Elizabeth II.

Lors de la cérémonie religieuse suivant la procession, la couronne d’Ecosse, en or massif, sera déposée sur le cercueil. Puis la dépouille d’Elizabeth II, symbole de stabilité pendant des décennies de bouleversements, icône planétaire qui rassurait les Britanniques en temps de crise, restera exposée dans la cathédrale pendant 24 heures, ce qui devrait donner lieu à une affluence massive.

«Je resterai aussi longtemps qu’il faudra», a affirmé à l’AFP Sam Whitton, un Ecossais présent dans la longue file d’attente pour voir le cercueil. Pour lui, la reine représentait «un morceau d’Histoire, probablement la dernière fois que ça arrivera dans notre vie.»

«C’est quelque chose que je n’aurai pas l’occasion de revoir. J’avais besoin de faire quelque chose,», a confié Steve Crofts, 47 ans et habitant près de la capitale écossaise.

«Je suis partagée, c’est la fin d’une ère, mais après avoir écouté Charles ces derniers jours, je pense qu’il est prêt», a assuré Sue Stevens, une Anglaise de 79 ans.

«Poids de l’Histoire»

Charles III s’installe en tant que monarque avec la lourde tâche de succéder à sa mère très populaire dans un contexte de grave crise sociale et de divisions au Royaume-Uni, mais aussi de contestation face au passé colonialiste dans ses 14 autres royaumes.

Il s’y attelle à 73 ans, plus âgé que tous les souverains britanniques à leur accession au trône.

Après le service religieux à Edimbourg, Charles III doit recevoir la Première ministre indépendantiste écossaise, Nicola Sturgeon. Puis, à 19H20 (18H20 GMT), commencera pour la famille royale une veillée funèbre en privé.

Le nouveau roi a reçu lundi au Parlement britannique à Londres les condoléances des présidents de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes.

«En me tenant devant vous aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de ressentir le poids de l’Histoire qui nous entoure et qui nous rappelle les traditions parlementaires vitales auxquelles les députés des deux chambres se consacrent», a déclaré le souverain dans un court discours.

Il a affirmé que sa mère était «un exemple de dévouement que, avec l’aide de Dieu et vos conseils, je suis résolu à suivre fidèlement».

Elizabeth II est restée pendant ses 70 ans de règne une cheffe d’État à la neutralité irréprochable, remplissant sans jamais s’exprimer publiquement sur ses opinions ses fonctions constitutionnelles, ouvrir le Parlement, promulguer les lois, valider les nominations, et intronisant encore, deux jours avant de s’éteindre à l’âge de 96 ans, son 15e chef de gouvernement.

En retrait de la monarchie depuis le retentissant «Megxit», le prince Harry s’est joint aux hommages à Elizabeth II, qu’il a qualifiée de «boussole», remerciant sa «mamie» pour son sens du devoir et son «sourire contagieux» : «Vous manquez déjà cruellement».

«Moment de réflexion» dimanche

Dimanche, les curieux ont attendu des heures pour être certains d’être aux premières loges afin de ne voir, ne serait-ce que quelques secondes, le cercueil de chêne passer à bord du corbillard qui a parcouru en six heures les 300 kilomètres entre Balmoral et Edimbourg.

Après avoir été présenté pendant 24 heures à la population, le corps sera embarqué mardi soir à l’aéroport d’Edimbourg à bord d’un avion royal à destination de Londres.

Il sera de nouveau exposé publiquement 24 heures sur 24, clos, drapé de l’étendard royal, sur une estrade au palais de Westminster à partir de mercredi soir.

De longues files d’attente — qui pourraient atteindre huit kilomètres — sont attendues tandis que 750.000 personnes pourraient tenter d’aller voir le cercueil, selon le journal The Times.

La dépouille d’Elizabeth II demeurera cinq jours au Parlement avant les funérailles nationales. Quelque 500 dignitaires étrangers sont attendus — un défi sécuritaire considérable pour la police — parmi lesquels le président américain Joe Biden, son homologue français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Anthony Albanese, ainsi que de nombreuses têtes couronnées.

La veille de l’événement, dimanche, le public sera appelé à marquer une minute de silence à 20H00 (19H00 GMT), a indiqué Downing Street, «un moment de réflexion» en mémoire de la souveraine à la longévité inégalée dans l’Histoire du Royaume-Uni.

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