Tour de France: Tadej Pogacar, brillant dans la défaite

Tour de France: Tadej Pogacar, brillant dans la défaite
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Le sport s’est toujours nourri des duels de prestige et le cyclisme n’échappe pas à la règle. Pour ériger un grand vainqueur, il lui faut un rival à la hauteur des attentes. Tadej Pogacar restera celui-là. Grandissime favori à l’heure de s’élancer au Danemark, le Slovène s’est heurté à la suprématie de Jonas Vingegaard et de sa formation. Venu chercher un troisième succès d’affilée, il a donc échoué mais n’a pas subi un revers cuisant.

Celui qui affirmait lors du jour de repos à Carcassonne que terminer à Paris sans le maillot jaune ne serait pas la fin du monde n’a pas démérité. Il a perdu mais a joué et tout tenté. «J’estime que j’ai réalisé un bon Tour, où j’ai tout donné jusqu’à la fin. Je suis tombé sur plus fort que moi cette année. C’est peut-être bien pour le public d’avoir un vainqueur différent.»

L’homme voit clair à ce niveau et aura lui-même trouvé dans ce Tour une popularité et un charisme nouveaux, à la fois humanisé et grandi par ces moments difficiles-là où il écrasait tout sur son passage auparavant. Dans les derniers kilomètres col du Granon par exemple. «Dans cette étape, j’ai voulu courir derrière tout le monde, et contrer tous les démarrages. Trop d’efforts qui m’ont coûté l’énergie qui m’a manqué sur la fin.»

Fair-play au quotidien, Pogacar félicite son vainqueur lorsqu’il cède du terrain, le remercie de l’attendre après sa chute dans la descente du col de Spandelle. Ce qui ne signifie pas qu’il se contentera de ce rôle de perdant magnifique. Il va analyser, tirer des enseignements, remédier à ses points faibles tout en améliorant ses points forts. «Nous devons apprendre de nos erreurs: avec l’équipe, nous en avons commis. Ce sont des choses qui arrivent mais que l’on peut améliorer, cela veut dire que l’on peut progresser et revenir plus forts l’an prochain.»

Son côté flamboyant, cette volonté de gagner au quotidien, de sprinter pour chaque étape sert sans aucun doute le spectacle, régale les suiveurs, mais ce tempérament ne doit-il pas être bridé quand on connaît l’exigence d’un Tour, a fortiori quand on y brigue le maillot jaune? À 23 ans seulement, ne lui parlez pas de gestion, l’enthousiasme et l’amusement restent les moteurs de ce surdoué. «Non, je veux toujours gagner! Je me suis bien amusé sur ce Tour et je continuerai à m’amuser.»

Moins fort que l’an passé ou non, sa seule répétition au Tour de Slovénie n’aide pas à en juger, le leader d’UAE Emirates a magnifié ce Tour, prenant les commandes très tôt, une supériorité mise à mal par l’offensive collective de Jumbo ponctuée par Vingegaard à Megève. Battu mais pas abattu, il a lutté jusqu’au bout, multipliant les démarrages, jamais résigné. Il ne gagne donc pas partout… mais n’en a pas pour autant fini. «Au contraire, cela me procure une grande motivation. Je reviendrai plus affamé pour le prochain Tour de France, et les autres courses.»

Parfaitement conscient des enjeux sous son allure décontractée, Pogacar conserve tout son crédit au sien de sa formation, laquelle a également failli. Favori pour le jaune, il repart tout de même avec le maillot blanc, le troisième d’affilée, la deuxième marche du podium final et trois victoires d’étape (Longwy, La Super Planche des Belles Filles et Peyragudes). Loin d’un naufrage, un faux-pas pour un champion qui sert grandement la popularité son sport.

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