Après Molenbeek et Anderlecht, Saint-Josse interdit la venue de l’extrême droite

Après Molenbeek et Anderlecht, Saint-Josse interdit la venue de l’extrême droite

Le bourgmestre Emir Kir a adopté ce jour une ordonnance de police interdisant, l’évènement et le rassemblement prévus ce 13 mai 2022 par messieurs Filip Dewinter et Geert Wilders sur le territoire de la commune de Saint-Josse-ten-Noode.

« Nous sommes en alerte depuis un certain temps car nous ne voulons qu'un évènement dont l'objectif est de diviser la population et d'en stigmatiser une partie puisse parader dans nos rues et notre capitale », commente le bourgmestre Emir Kir.

La venue à Molenbeek de deux élus d’extrême-droite est interdite

La bourgmestre a pris une ordonnance de police.
La bourgmestre a pris une ordonnance de police. - P.S./E. G.

Le député flamand d’extrême-droite Filip Dewinter (Vlaams Belang) et le leader néerlandais du PVV Geert Wilders ont prévu de se rendre ce vendredi à Molenbeek « pour une visite de travail », dont le parcours n’est pas encore connu, suivi par une conférence de presse sur la place communale de Molenbeek. Une visite qui avait déjà été prévue en 2017 et interdite par la bourgmestre de l’époque, Françoise Schepmans (MR). L’ordonnance avait ensuite été annulée par le conseil d’État car elle n’avait pas fait l’objet d’une validation par le conseil communal. À l’époque, les deux élus d’extrême-droite souhaitaient faire « un safari de l’islam dans la capitale du djihad en Europe. »

Les élus de l’extreme droite souhaitent venir sur la place communale de Molenbeek.

Cette année, le bourgmestre faisant fonction, Amet Gjanaj (PS), qui remplace Catherine Moureaux malade, a pris une nouvelle ordonnance de police, publiée sur le site de la commune, interdisant la venue des deux élus d’extrême droite à Molenbeek. « L’événement et le rassemblement prévus ce 13 mai 2022 par Messiers Filip Dewinter et Geert Wilders sont interdits sur le territoire de la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Tout rassemblement de personnes dans le cadre de cette démarche, participants, organisateurs ou opposants, est interdit sur le territoire de la commune de Molenbeek-Saint-Jean », indique l’ordonnance de police.

« Troubles graves à l’ordre public »

Pour justifier cette interdiction, l’ordonnance de police précise que « des troubles graves à l’ordre public sont à craindre sur le territoire de la commune de Molenbeek-Saint-Jean ; que l’organisation de cet événement risque de troubler gravement la paix publique de par son caractère ostensiblement provocateur, injurieux et discriminatoire envers les habitants de la commune de Molenbeek-Saint-Jean. » L’ordonnance ajoute « qu’il n’est pas exclu que des groupes extrémistes en Belgique et en Europe s’associent à cet événement ou cherchent à porter atteinte à la sécurité de Messiers Geert Wilders et Filip Dewinter. »

L’ordonnance de police évoque également l’Ocam et la menace terroriste grave qui pèse sur la personne très controversée de Monsieur Wilders. « Il serait dès lors particulièrement déconseillé de l’exposer dans le contexte d’un événement ouvertement provoquant et largement annoncé publiquement », précise l’ordonnance. L’Ocam évalue la menace au niveau 2 (moyenne) sur la personne de Filip Dewinter ainsi que sur l’événement planifié à Molenbeek.

Françoise Schepmans.

Enfin, l’ordonnance évoque également un changement d’itinéraire demandé par les deux élus. « Il ressort en outre d’un courriel transmis ce jour par les services de police que Monsieur Dewinter annonce le changement de son itinéraire en parcourant des voiries fortement fréquentées, notamment la chaussée de Gand ; qu’il est impossible, compte tenu du niveau de menace qu’implique cet événement, de mettre en place un dispositif permettant de prévenir ou maîtriser les éventuels débordements. »

Du côté du cabinet de la bourgmestre Catherine Moureaux, on se refuse à tout commentaire. « C’est de la provocation de la part de l’extrême-droite. Ils viennent avec hostilité dans le but de créer le buzz. Il faut maintenir l’interdiction comme je l’avais fait en 2017 », souligne Françoise Schepmans, ancienne bourgmestre et actuelle échevine à Molenbeek.

À l’agence Belga, Filip Dewinter a déjà annoncé que si la visite à Molenbeek était interdite, il pourrait envisager une visite dans une autre commune de la région bruxelloise.

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