Un campement de sans-papiers à Molenbeek pour exiger leur régularisation

Un campement s’est installé.
Un campement s’est installé. - D.R.

Ce jeudi 31 mars, des centaines de personnes sans-papiers ont été expulsées dans l’après-midi des anciens bâtiments de la KBC qu’elles occupaient depuis quelques mois. Plusieurs collectifs ont organisé une marche qui s’est terminée en campement au parc de la porte de Ninove afin de dénoncer les deux poids deux mesures de la politique d’accueil du gouvernement et exiger la régularisation de toutes les personnes sans-papiers.

Cette nouvelle occupation de l’espace public a pour but de rendre visibles les revendications des personnes sans-papiers qui subissent de plein fouet l’injustice des politiques migratoires qui organise leur exclusion sociale en les maintenant dans l’insécurité et la précarité.

Deux poids, deux mesures.
Deux poids, deux mesures. - D.R.

« Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’avoir un toit. Il s’agit de changer la politique migratoire, et que celle-ci s’applique indistinctement à tous les migrants. Car oui, l’accueil réservé aux Ukrainiens ayant fui la guerre constitue une exception à ce qui devrait être la règle. Tous les migrants, et donc toutes les personnes sans-papiers, ont le droit à une vie et un travail digne », témoigne l’un d’eux.

« Une triste comparaison »

Le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi (CD&V) souligne de son côté que la politique de régularisation est correcte et humaine et demande à la bourgmestre Catherine Moureaux (PS) de ne pas autoriser ce camp de tentes.

« Les règles de la migration sont claires et il est particulièrement important qu'elles soient respectées. La procédure de régularisation est également claire. En attendant, nous continuons à travailler sur des procédures plus rapides et une migration contrôlée. Le guichet unique permet de traiter rapidement les demandes de migration de main-d'œuvre. Les étudiants étrangers qui étudient ici peuvent désormais passer un an à chercher un emploi... La politique n'est pas contre la migration, mais les règles doivent être respectées », soutient Mahdi.

Et d’ajouter : « La comparaison que les militants font entre les Ukrainiens et les personnes qui sont ici irrégulièrement et qui viennent de pays sûrs est particulièrement triste. »

Un campement toléré

En réaction à cette demande, Catherine Moureaux a rappelé qu’il s’agissait d’une prérogative communale qui relève de son appréciation propre. « Depuis qu’il y a un secrétariat d’État à l’Asile et à la Migration, je constate que les représentants politiques qui occupent ce poste ne peuvent pas s’empêcher d’opposer les malheurs des uns aux malheurs des autres, ce qui est tout à fait dommageable pour la cohésion sociale », a-t-elle déploré.

« Je comprends que son travail soit difficile aujourd’hui. Le mien est d’assurer la sécurité et la paix sur le territoire de Molenbeek-Saint-Jean. C’est mon travail, je le fais et je n’ai pas besoin que quelqu’un d’autre me dicte ce que je dois faire. Ce campement est aujourd’hui toléré pour quelques jours », a-t-elle ajouté. La bourgmestre rappelle ainsi que l’évaluation de telle situation, qui a trait à l’ordre public, est du ressort des communes, qui fondent leurs jugements sur base des analyses fournies par les services de police locaux.

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