Le SGRS mettra en œuvre en 2022 un plan d’actions post-Jürgen Conings

Le SGRS mettra en œuvre en 2022 un plan d’actions post-Jürgen Conings
Belga

Pour rappel, Jürgen Conings, ce caporal-chef aux idées d’extrême-droite, avait tenu la Belgique en haleine au printemps dernier lorsqu’il s’était enfui avec de nombreuses armes.

Ce plan d’actions avait été réclamé par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), dans la foulée de l’affaire Conings, qui avait aussi entraîné le départ du chef du SGRS de l’époque, le général-major Philippe Boucké.

Entré en fonction le 23 août après avoir piloté, comme chef du département des opérations et de l’entraînement de la Défense, l’opération Red Kite d’évacuation de ressortissants de Kaboul après le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, l’amiral Robberecht a ensuite pris la tête du SGRS. « Ce qui m’a permis de voir la seconde semaine de Red Kite du côté du renseignement », a-t-il confié samedi à l’agence Belga pour sa première rencontre avec la presse depuis son entrée en fonction.

L’amiral a profité du jour de Noël pour aller à la rencontre de son personnel mobilisé, 24 heures sur 24 et sept jours par semaine, au sein de plusieurs départements : le centre de situation, le centre satellitaire – désormais qualifié de « centre géospatial de la Défense » ou GEO INT et abonné aux images de « très haute résolution » fournies par les satellites-espions français CSO 1 et 2 – et le centre de communications, en contact avec tous les détachements belges déployés en opération à l’étranger.

Ces différents services sont installés dans des bâtiments épars – souvent vieillots mais parfois en pleine rénovation – au sein du quartier militaire Reine Elisabeth à Evere, dans l’attente de la construction dans les prochaines années du nouveau quartier général de la Défense (baptisé NHQ) sur le même site.

« Plusieurs dizaines de personnes », militaires et civiles, sont ainsi de permanence « H24 » pour assurer la sécurité de la Belgique et échanger des informations avec les alliés de l’Otan et des pays partenaires, a expliqué l’amiral Robberecht.

« La situation en Ukraine (à la frontière de laquelle la Russie a massé des dizaines de milliers de soldats avec leurs équipements lourds) inquiète tout le monde », a-t-il souligné en parlant, comme l’a récemment fait le « patron » de l’armée belge, l’amiral Michel Hofman, d’« adversaire ». « Potentiel », a toutefois nuancé le chef du SGRS.

« On se méfie aussi sur les autres théâtres d’opérations », comme le Niger, le Mali, la Centrafrique où l’Occident soupçonne Moscou d’avoir déployé des mercenaires du groupe Wagner, tout comme en Syrie et dans le sud libyen.

Les attaques peuvent aussi venir du cyberespace : la Défense n’a toujours pas rétabli ses communications par courriel avec l’extérieur depuis l’attaque informatique majeure liée à la vulnérabilité du logiciel Apache Log4j dont elle a été victime le 16 décembre et qui a paralysé une partie de ses activités.

« En interne on est à nouveau opérationnel après avoir isolé nos réseaux » du monde extérieur. On rouvre par étapes, a souligné l’amiral Robberecht qui a refusé de se prononcer sur l’origine de cette cyberattaque.

C’est la raison pour laquelle l’armée belge se dotera au plus tard à la fin de l’an prochain d’un « Cyber Command » (cybercommandement), précurseur d’une future composante Cyber de la Défense, aux côtés des quatre – Terre, Air, Mer et médicale – existantes.

Face à cette multitude de menaces, la mission principale du SGRS « consiste à rechercher, analyser et traiter le renseignement relatif à toute menace pour l’intégrité du territoire national, les plans de défense militaire, l’accomplissement des missions des forces armées ou la sécurité des ressortissants belges à l’étranger ».

De par ses analyses, ses avis et ses actions, le SGRS appuie les décideurs politiques et militaires en matière de sécurité et de défense, en collaboration avec d’autres services partenaires, comme la Sûreté de l’Etat (VSSE, le service de renseignement civil), qualifiée de « complémentaire » par l’amiral.

Quant au plan d’actions établi pour remédier aux dysfonctionnements révélés par l’affaire Conings – ce caporal-chef aux idées d’extrême-droite, membre un temps du Vlaams Belang, qui avait disparu le 17 mai après avoir volé des armes à la caserne de Bourg-Léopold (Limbourg) et dont le corps avait finalement été retrouvé le 20 juin dans un bois de Dilsen-Stokkem, un décès imputé à un suicide –, il a été défini sur la base des recommandations du Comité R, l’organe de contrôle des deux services de renseignement, et de l’Inspecteur général de la Défense, à l’époque le général-major Peter Devogelaere.

Ce plan comporte sept points : le personnel, la numérisation, l’établissement d’un plan directeur stratégique en deux phases – avec des priorités pour 2022 puis pour la période 2023-2027 –, la participation au futur « plan national stratégique en matière de renseignement (PNSR ou NSIP), l’organisation interne et les rapports entre militaires et civils employés par le SGRS, le screening initial et continu de tout le personnel de la Défense et l’amélioration de la communication « autour du monde du renseignement », a expliqué l’amiral.

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