Dix contrôleurs de la Stib licenciés pour «faute grave»!

Pour «faute grave».
Pour «faute grave». - Stib

Dix contrôleurs de la Stib étaient suspendus depuis vendredi dernier. Ils ont été licenciés pour « faute grave » ce jeudi. « Ces agents assermentés et porteurs d’une accréditation Vigilis ont mis en place un système organisé visant à gonfler artificiellement le nombre de voyageurs contrôlés. Leur procédé contrevient gravement à notre mission de service public. Il a pu être très rapidement détecté par les systèmes de reporting et de contrôle mis en place par Field Support. L’enquête a permis d’établir l’implication de 10 contrôleurs appartenant tous à la même équipe », affirme la Stib dans un « avis au personnel ».

« Intolérable »

Comprenez que la Stib les accuse d’avoir fait croire qu’ils contrôlaient plus de voyageurs que ce qu’ils ne faisaient en réalité. Il n’est donc pas question d’avoir verbalisé plus de voyageurs qu’il ne le faut. «  L’irrégularité constatée ne concerne pas les opérations de contrôles des voyageurs en tant que telles et ceux-ci n’ont subi aucun préjudice. Cependant, lors de la vérification régulière des prestations des équipes, la direction a mis à jour une incohérence dans le nombre de contrôles réalisés. L’enquête a montré qu’une des équipes avait introduit dans le système plusieurs centaines de faux contrôles réalisés au moyen de leur carte Mobib test et qu’ils tentaient de les faire passer pour des contrôles réellement effectués auprès de voyageurs », ajoute la Stib.

Il reviendra au tribunal du travail de Bruxelles de juger en amont de la légalité du licenciement de l’un des Stibiens concernés parce qu’il est délégué syndical chez les bleus. Comme à l’accoutumée, plainte au pénal a été déposée par la Stib contre les licenciés. « Dans le contexte économique et social actuel, il est encore plus intolérable que des personnes qui ont la chance de travailler dans un contexte privilégié se permettent de tels abus. La direction ne fera aucune concession et appliquera la tolérance zéro vis-à-vis de tout membre du personnel dont le comportement n’est pas en adéquation avec les valeurs de l’entreprise et la mission de service public qui nous a été confiée. Le management continuera à mettre tout en œuvre pour que la sérénité et le professionnalisme de ses équipes de sécurité ne soit pas entachée par les agissements de certains dont la place n’est pas à la Stib  », conclut la Stib.

« Une cabale »

« C’est vraiment dégueulasse. Tout ceci n’est qu’une cabale contre un délégué des bleus (syndical libéral, CGSLB, NDLR) à qui la direction veut faire payer le mouvement de grève du mois d’octobre passé. Pour l’atteindre, ils ont décidé de licencier toute son équipe », résume une source stibienne sous couvert d’anonymat par peur des représailles professionnelles. « La Stib dit que ces contrôleurs ont gonflé leurs chiffres de contrôle en utilisant leurs cartes Mobib test et que c’est très grave parce que cela fausse les statistiques qu’elle envoie à la Région, mais c’est faux ! On nous a toujours dit que les chiffres envoyés à la Région étaient épurés de tous les chiffres dus à l’usage des cartes Mobib test sinon cela ferait des années que la Stib envoie de faux chiffres à la Région ! Ces cartes Mobib test ont été données à des centaines de travailleurs de la Stib sans la moindre instruction. Si jamais la Stib comptabilise dans ses chiffres les pointages avec ces cartes Mobib test comme des vrais voyageurs, c’est alors la Stib qui fraude ! », estime une autre source stibienne, toujours sous couvert d’anonymat par peur des représailles professionnelles.

Et de développer : « Ces cartes Mobib test ne sont pas utilisées que par les contrôleurs, elles le sont par toute une série d’autres membres du personnel de la Stib. Elles servent notamment à vérifier que tous les portiques de la Stib sont bien fonctionnels. Ici, les contrôleurs licenciés les utilisaient pour maintenir en activité les tablettes Panasonic qu’ils utilisent pour verbaliser les fraudeurs. En réalité, ces tablettes Panasonic buggent et se bloquent si elles ne sont pas en permanence sollicitées lors d’une opération de contrôle. Il y a d’ailleurs une note interne qui reconnaît officiellement ce problème et qui dit qu’il faut suivre la procédure que leurs Proximity Managers leur a donnée pour se prémunir de ce problème informatique récurrent   ! Et, aussi étonnant que cela puisse paraître, cette fameuse procédure qu’on leur a donnée consiste à scanner régulièrement leurs cartes Mobib test pour maintenir leurs tablettes en activité entre les véritables contrôles de voyageurs   ! Ils n’avaient aucun intérêt à gonfler leurs chiffres de contrôle. Ce n’est en plus pas comme s’ils n’avaient pas travaillé sur le réseau. Ils étaient là où ils devaient être et faisaient les contrôles qu’ils devaient faire tout en utilisant cette astuce pour maintenir en marche leurs tablettes Panasonic   !  »

La porte-parole de la Stib Cindy Arents tient à rajouter : « Un problème avec les appareils qui buggent, c’est très bizarre puisque ça ne concerne qu’une seule et même équipe au nombre de contrôles. Concernant les cartes Mobib test, ils peuvent la tester une fois ou deux, mais là, il y avait 40 ou 50 validations sur la journée uniquement. »

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