Prison de St-Gilles: L’OIP réclame des libérations de détenus face à la surpopulation

Prison de St-Gilles: L’OIP réclame des libérations de détenus face à la surpopulation
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La coprésidente de la section belge de l’OIP Marie Berquin défend qu’il pourrait y avoir des placements sous surveillance électronique ainsi que des libérations sans ou sous conditions.

Depuis l’émergence de la pandémie en Belgique, les détenus arrivant à la prison de Saint-Gilles sont placés en quarantaine au moins deux semaines dans l’aile E, qui ne dispose que d’un seul local pour les entretiens avec les avocats. Il s’agit de personnes qui viennent d’être placées sous mandat d’arrêt, qui doivent comparaître devant la chambre du conseil dans les 5 jours de leur mise en détention préventive et qui disposent de 15 jours pour former opposition à leur inculpation. «En raison de ces délais très courts, il est essentiel que ces détenus puissent communiquer rapidement et sans difficultés avec leurs avocats», souligne l’OIP dans son communiqué.

À la suite de la découverte d’un cluster de coronavirus le 31 octobre dans l’aile des travailleurs, des détenus qui se déplacent dans la prison pour exécuter différentes tâches, les agents pénitentiaires ont commencé à s’organiser pour dénoncer la surpopulation carcérale. Le nombre de détenus dépassait alors les 900 pour une capacité maximale fixée à 850 places. Les syndicats CGSP et SLFP ont déposé le 2 novembre un préavis de grève relatif au manque de personnel et à la surpopulation carcérale.

Pour les besoins de l’organisation du service minimum, les agents doivent déclarer leur intention de faire grève 72 heures à l’avance. Cependant, l’OIP relève que leurs assemblées générales, réunions avec la direction et autres actions jugées «sauvages» basées notamment sur l’absentéisme empêchent depuis un mois des avocats de voir leurs clients pour préparer leur défense. Il note par exemple qu’en marge de la réactivation du préavis de grève jeudi soir c’est l’accès à toute la prison qui a été refusé à de nombreux pénalistes. Par manque d’effectif, des entretiens ont été effectués par le «guichet» des cellules (la petite ouverture sur la porte permettant la surveillance), et ce en présence des codétenus et du surveillant, ce qui annihile les règles de confidentialité.

«Les agents ne sont même pas assez nombreux que pour assurer ce qu’on leur demande comme service minimum en temps normal"; remarque Marie Berquin. Elle ajoute que les mouvements des détenus pour les activités, les soins et les visites sont aussi fortement perturbés depuis un mois. «Les détenus sont victimes au premier chef de la surpopulation carcérale, du manque d’effectifs ou des conséquences de la situation sanitaire», souligne l’OIP dans son communiqué. «Quand les agents militent pour le respect de leurs droits, ce sont les droits des détenus qui sont d’autant plus bafoués».

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