La Chambre contre la discrimination et le racisme sanctionne Anderlecht et Bruges

Belga
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La Chambre nationale contre la discrimination et le racisme de l’Union belge de football (URBSFA) a imposé des sanctions au RSC Anderlecht et au Club de Bruges. Leurs supporters ont scandé des chants haineux lors de leur duel (1-1) disputé au Lotto Park le 3 octobre. Les fans des Mauves ont aussi lancé des gobelets sur les joueurs adverses.

Les supporters du RSC Anderlecht ont lancé à trois reprises le chant « alle boeren zijn homo’s » (« tous les paysans sont des gays ») pour se moquer du Club de Bruges. Ils ont également jeté des gobelets sur les joueurs de Bruges, allumé des feux d’artifice et lancé une bombe détonante sur le terrain. Personne n’a été blessé.

Le mois dernier, Anderlecht avait été sanctionné par la chambre de discrimination pour quasiment les mêmes faits le 19 septembre sur le terrain du Standard (0-1). Le RSCA avait écopé d’une peine alternative qui obligeait le club à utiliser tous ses canaux de communication pour condamner fermement ces chants.

Anderlecht « sur la bonne voie »

Les Mauve et Blanc se sont conformés à cette sanction en s’adressant au Fan Board pour lui demander d’arrêter ces chants. Dans ce contexte, le RSCA a également publié un message de son joueur Benito Raman, qui a lui-même chanté ce slogan blessant après un match lorsqu’il jouait à La Gantoise, afin de s’abstenir de tels chants. En ce qui concerne l’utilisation de matériel pyrotechnique, Anderlecht applique une tolérance zéro. Le club travaille très intensivement avec la cellule football pour punir individuellement les supporters et a déjà utilisé des chiens renifleurs pour débusquer d’éventuels moyens pyrotechniques.

La chambre de discrimination a conclu que le RSCA était sur la bonne voie depuis la précédente sanction en octobre. « Anderlecht applique méticuleusement la décision qui a été imposée à l’époque », tel est le verdict. Par conséquent, la Chambre a décidé de ne pas imposer de sanction supplémentaire. « Nous demandons seulement que le club continue à poursuivre de manière constructive la peine alternative. » Si Anderlecht ne peut pas le démontrer, une amende de 2.500 euros sera infligée pour les faits contre le Club de Bruges.

Le club champion de Belgique n’a pas non plus échappé à la sanction, car en réaction aux chants bruxellois, les supporters brugeois ont sauté et scandé : « celui qui ne saute pas, est un Juif ». La scène a duré une demi-minute.

Lors de la réunion, le Club de Bruges a expliqué les nombreuses actions qu’il entreprend pour bannir la discrimination du stade Jan Breydel : une fondation dotée d’un budget de fonctionnement d’un million d’euros, un kit pédagogique de sensibilisation « Donnez un carton rouge au racisme » dans vingt écoles, un livre primé au sujet du racisme et un code éthique que toute personne sous contrat avec le Club doit signer.

La défense de Bruges « envoie un mauvais signal »

La Chambre nationale contre la discrimination et le racisme a applaudi ces efforts, mais Thomas Delameillieure, le directeur juridique du Club de Bruges, a également défendu le refrain comme étant autorisé. Il n’aurait pas de connotation raciste, car il n’a pas l’intention de blesser qui que ce soit de la communauté juive. Les supporters ne le chantent que pour se distancier du RSC Anderlecht, selon Maître Delameillieure qui a demandé l’acquittement.

Ce plaidoyer du Club a été déploré par la Chambre. « De tels arguments sont depuis longtemps dépassés à la lumière de la jurisprudence de la CBAS et des règlements fédéraux. En défendant le refrain litigieux, le Club de Bruges envoie un mauvais signal à ses supporters et à la communauté des clubs dans son ensemble. C’est pourquoi nous estimons qu’il est nécessaire de sanctionner le Club de Bruges par une peine alternative ».

Il est obligé d’élaborer une campagne pour faire prendre conscience à ses supporters que de tels discours ne font pas partie des valeurs du club et constituent un motif de sanction sévère. En outre, des représentants de la fédération des supporters doivent effectuer une visite guidée à la caserne Dossin de Malines. Un dialogue avec tous les supporters au sujet de ce chant doit être lancé. Le Club de Bruges doit mettre en place ces mesures avant le 15 janvier 2022, sous peine d’une amende de 2000 euros.

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