Molenbeek : des employés administratifs dénoncent la surcharge de travail

Molenbeek : des employés administratifs dénoncent la surcharge de travail
Belga

Derrière les bannières des 3 syndicats en front commun, plus de 200 employés de l’administration communale et du CPAS se sont rassemblés mardi, durant toute la matinée, sur la place communale de Molenbeek-Saint-Jean, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Une délégation a été reçue en fin de matinée par la bourgmestre Catherine Moureaux et la présidente du CPAS Gérardine Bastin.

Une charge de travail devenue trop lourde

Les travailleurs de l’administration communale et du CPAS dénoncent une charge de travail devenue trop lourde, le manque de personnel, la multiplication des contrats précaires et des incohérences dans la gestion des services. Ils arboraient des pancartes pointant le manque de considération pour le personnel et de reconnaissance pour les responsables d’équipes.

« La surcharge de travail explose, notamment au CPAS, où les dossiers s’entassent sans engagements nouveaux », observe Benoît Lambotte, secrétaire régional CSC Services publics. « Un assistant social gère en moyenne 150 à 200 dossiers. C’est une machine administrative, qui ne peut plus faire un vrai travail social de fond. Il y a eu une revalorisation barémique générale au niveau des pouvoirs locaux qui se met en route, mais la commune, qui a encore une autonomie, n’a pas encore tout intégré. Il y a aussi peu de remplacements pour le personnel malade… ».

Manque de perspectives faute d’argent.

À l’issue de la réunion, Yannick Van Boeckel, permanente SLFP pour la commune et le CPAS de Molenbeek-Saint-Jean, a déploré le manque de perspectives faute d’argent.

« Il n’y a pas de budget pour engager du personnel supplémentaire et renforcer les équipes. On aurait voulu parler des emplois précaires à temps partiel – des travailleurs pauvres en fait – mais on a donc surtout parlé de réorganisation de travail et de formations pour améliorer les conditions de travail. On entrevoit une possibilité de négocier des chèques-repas plus élevés que le minimum accordé au niveau du Comité C (le comité de négociation pour les pouvoirs locaux à Bruxelles, NDLR). On doit renvoyer un cahier de revendications plus détaillées et des réunions vont être planifiées avec la commune. On se sent tiraillé entre la Région et la commune, mais on est au point mort. Je suis déçue, car je vois la souffrance des travailleurs, qui n’en peuvent plus, sont épuisés et ne peuvent pas fournir un service de qualité à la population ».

Benoît Lambotte remarque que la situation était déjà tendue dans les administrations et les CPAS à Bruxelles avant la pandémie en raison entre autres de l’accroissement démographique, mais qu’elle s’est aggravée avec la crise sanitaire, avec le télétravail et les difficultés financières accrues vécues par les familles les plus paupérisées. « On parle beaucoup des soins de santé et des maisons de repos, mais la crise Covid engendre aussi un tas de problèmes pour les personnes assistées par les CPAS, qui ne parviennent plus à boucler leurs budgets ».

Le personnel du CPAS d’Anderlecht a fait grève vendredi pour attirer l’attention sur la surcharge de travail et le manque de travailleurs.

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