200 policiers mènent une action de protestation lors du Te Deum

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Environ 200 policiers, selon l’estimation sur place de la police de Bruxelles-Ixelles, ont fait office de public d’accueil derrière les barrières installées face à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles. Les 4 syndicats policiers étaient présents. Ils avaient amené leurs couleurs, de multiples drapeaux, des pétards et des fumigènes. Les policiers ont hué les représentants de l’État à leur arrivée.

« Nous sommes les gardiens régaliens de l’autorité et être présents aujourd’hui est donc pour nous hautement symbolique », explique Raoul Moulin, secrétaire permanent pour la police à la CSC. « C’est un acte fort, un acte de rupture. On a eu les attentats, puis la pandémie ? La ministre nous avait dit qu’on méritait plus qu’une prime et au final, on nous dit qu’on n’aura rien. C’est un appel au roi, au chef de l’État, pour dire que quelque chose doit être fait pour les policiers. »

Les quatre syndicats de police entendent protester contre la révision de l’organisation des fins de carrière et contre le blocage des négociations sur une revalorisation salariale. Le manque de moyens pour les services de polices est également source de mécontentement.

« On n’a plus été augmenté depuis la réforme des polices d’avril 2001 », rappelle Frédéric Fortunato, permanent syndical SNPS. « Après le conclave budgétaire en octobre, la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden a retiré les 60 millions pour la revalorisation salariale, qui étaient sur la table des négociations depuis quelques mois, car les communes n’ont pas d’argent. Mais, on le savait déjà? »

Action policière.
Action policière. - Belga

S’ajoute au mécontentement le possible retrait de l’aménagement permettant aux policiers de bénéficier d’un départ à la pension anticipé, qui a été repoussé de 56 à 62-63 ans, au motif qu’il y a notamment des places aménagées dans les bureaux pour les fins de carrière. La suppression des 100 millions sur la législature pour le fonctionnement de la police fédérale est perçue comme un autre coup dur.

« Coup d’envoi »

Il s’agit d’une première action d’une longue série de deux mois. Des actions sont prévues tous les jours de la semaine. Les syndicats avaient d’abord annoncé qu’il s’agirait d’actions de contrôles pointilleuses, comme celle qui a eu lieu dans les aéroports de Charleroi et Zaventem le mois dernier.

Joery Dehaes, secrétaire d’ACV (CSC) Politie, affirme que l’action au Te Deum n’est que le « coup d’envoi » d’une longue série d’actions. Les syndicats n’ont pas encore révélé en quoi consisteront les autres actions. Vincent Houssin, président de VSOA (SLFP) Politie, affirme que les actions iront « crescendo en fonction de la volonté des autorités politiques de nous écouter ».

Belga

Carlo Medo, président de la NSPV (SNPS), souligne que les policiers en ont «assez» que leur profession ne soit toujours pas mieux considérée. « Tout le monde parle de progrès, mais nous ne voyons que régression. En nous faisant entendre au Te Deum, nous voulons montrer au gouvernement que nous sommes toujours là. »

Il regrette également que les syndicats servent de boucs émissaires lorsque ces actions gênent les citoyens. « Mais les gens doivent aussi se rendre compte qu’une société sûre coûte de l’argent. Il est grand temps que les décideurs politiques disent maintenant où ils en sont. »

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