Bruxelles: une Escape Room pour donner aux enfants l’envie de coder

Une Escape Room pédagogique.
Une Escape Room pédagogique. - D.R.

Un virus a envahi le monde et il faut d’urgence trouver un moyen de l’anéantir... Cette fois, pourtant, le scénario n’a rien de flippant ! C’est simplement le point de départ d’une énigme qui doit emmener des enfants de cinquième et sixième primaire à mener une vaste enquête à la recherche des divers composants de l’antivirus. Ils ont été appelés à la rescousse par Octavio, un brillant scientifique qui avait mis au point l’antidote avant de tomber lui-même malade et de sombrer dans la folie...

Cette Escape Room est l’une des activités mises en place par le centre de formation bruxellois Interface3 afin d’initier les jeunes aux technologies qui se cachent derrière les outils et les applications informatiques qu’ils utilisent au quotidien. Au travers du ‘code papier’ : de messages codés à décrypter, de symboles à déchiffrer, d’instructions à suivre avec rigueur et logique, ils réalisent une plongée ludique dans l’univers mystérieux des algorithmes, du langage machine et de la programmation informatique.

Après cette matinée d’énigmes à résoudre et d’activités à réaliser en petits groupes, les enfants sont invités à mettre en pratique leurs nouveaux acquis au travers du ‘code console’ : par la programmation de robots avec le langage Python, adaptée à leur âge. En 2018, 342 élèves de sixième primaire avaient participé à ces ateliers, ils étaient 562 en 2019 et 381 « seulement » en 2020, plusieurs ateliers ayant été annulés en raison des confinements et des mesures sanitaires. Trente ateliers d’une journée réunissant chacun entre 20 et 30 élèves sont programmés pour ce dernier trimestre 2021 au sein d’Interface 3: un engouement sans précédent !

Apprendre à coder.
Apprendre à coder. - D.R.

« Notre objectif est de sensibiliser les jeunes de 12 à 25 ans aux compétences qui leur permettront de devenir des acteurs des technologies de demain, plutôt que de simples utilisateurs de celles-ci, tout en démystifiant la prétendue inaccessibilité de tels métiers, en particulier pour les jeunes filles », rappelle Nicole Lenoir, coordinatrice de formation ‘Web Developer’ & ‘Game Developer’d’Interface3. L’équipe d’animation chargée d’accompagner les enfants dans l’Escape Room se compose d’ailleurs majoritairement de femmes, qui ont été formées chez Interface3 : l’occasion de montrer qu’elles aussi peuvent et savent coder !

Pénurie de codeurs

Les métiers de l’informatique au sens large sont actuellement en pénurie, notamment celui de codeur. « Trop peu de jeunes se lancent dans des études d’informatique à cause d’une image totalement faussée : celle qui consiste à croire que les métiers liés au codage ne s’adressent qu’à des matheux scotchés à leur écran 24 heures sur 24. Or, l’univers du codage requiert autant de créativité que de logique, et il fait également appel à l’esprit d’équipe », nuance Elena Lanzoni, Responsable communication d’Interface 3. Limiter la fracture numérique

La pandémie de Covid-19 est venue cruellement rappeler la fracture numérique qui existe au sein de notre société. Le marché de l’emploi impose des compétences informatiques de plus en plus poussées et certains jeunes, en particulier issus de milieux défavorisés, risquent d’être les laissés-pour-compte de l’économie digitale par le simple fait de ne pas avoir eu l’occasion d’expérimenter ces technologies, de se découvrir une passion et de développer les compétences nécessaires, qui débouchent sur des professions gratifiantes et bien rémunérées.

Le projet Décode & Code est soutenu par le gouvernement fédéral au travers du Digital Belgium Skills Fund (DBSF). Le DBSF investit depuis 2016 dans des projets visant à renforcer les compétences numériques, principalement celles de jeunes et de (jeunes) adultes socialement vulnérables. Il cherche ainsi à renforcer l'intégration socioéconomique de ces groupes. En 2021, 27 projets (12 francophones et 15 néerlandophones) ont été sélectionnés par un jury indépendant et soutenus financièrement par le DBSF pour un budget total de 5,9 millions d’euros. Un nouvel appel à projets a été lancé pour 2022.

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