Les bourgmestres des communes sinistrées passent devant la commission d’enquête

Les bourgmestres des communes sinistrées passent devant la commission d’enquête
Belga

En matinée, Claudia Niessen (Eupen) et Valérie Dejardin (Limbourg) ont ouvert le bal.

«J’avais suivi une formation en gestion de crise et une cellule de crise communale avait déjà été mise en place. A Eupen, on a été opérationnel tout de suite et on n’a pas attendu que la province nous dise quoi faire», a expliqué la bourgmestre de la commune, Claudia Niessen (Ecolo).

«Mais on n’a jamais imaginé une telle force de l’eau. On n’a jamais pensé que les gens seraient physiquement en danger», a-t-elle ajouté. «Heureusement que le barrage était là. Avec la Helle - qui se jette dans la Vesdre à Eupen, NDLR - , on a eu des tonnes de pierres. Ça a dû être d’une force inimaginable», a poursuivi la bourgmestre.

Au plus fort des inondations, «on a essayé de contacter beaucoup de personnes», pour obtenir des informations mais aussi pour des demandes matérielles. «On n’a pas eu de réponse sur ce point mais vu l’ampleur de la catastrophe, je ne vois pas comment la province aurait pu répondre à tout le monde», a encore indiqué Claudia Niessen. «On s’est donc organisé nous-mêmes.»

Par ailleurs, quand les réponses arrivaient, elles n’étaient pas toujours adaptées. «Catherine Delcourt, la gouverneure de Liège f.f. m’a appelée pour me dire d’évacuer toute la ville basse d’Eupen. Je crois qu’elle ne connaît pas bien les lieux (la ville basse regroupe des quartiers qui n’ont jamais été inondés, NDLR). On s’est donc concentré sur la vallée en demandant aux gens d’évacuer mais sans les forcer», a illustré la bourgmestre.

«C’est toujours bien d’avoir des plans de gestion de crise mais c’est encore mieux d’avoir de bons contacts et les bons numéros de téléphone», a-t-elle enfin estimé.

Une nécessité également soulignée par Valérie Dejardin, la bourgmestre socialiste de Limbourg qui a succédé à son homologue eupenoise devant les parlementaires. «La proximité est vraiment importante», notamment lorsqu’il a fallu convaincre la population d’évacuer alors que la commune n’en était pas à sa première inondation sérieuse, a-t-elle pointé.

Cette dernière a ensuite évoqué l’aide venue de l’extérieur. «Nous avons eu la police, les pompiers dans la nuit du 14 au 15 juillet, une psychologue de la Croix Rouge et la Défense, à partir du 17 juillet. A ce moment-là, le militaire à qui j’ai parlé m’a dit qu’ils attendaient depuis des jours pour venir nous aider», mais à part deux camions et des hommes, ils n’avaient pas d’autres moyens, a détaillé la bourgmestre de Limbourg.

Malgré cette impression de solitude qui transparaît des récits, «je me suis toujours sentie soutenue par le centre de crise provincial. Il y avait de la bienveillance par rapport à mes décisions», a assuré Valérie Dejardin. «Tout le monde a essayé de faire du mieux qu’il pouvait, mais on a tous été submergé», a-t-elle conclu.

Dans l’après-midi, les auditions se poursuivront avec notamment les bourgmestres de Verviers et de Theux.

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