Anderlecht, accroché à Saint-Trond, n’avance pas assez vite

Analyse
Lior Refaelov, ici devant Mory Konate, a marqué le premier but de la rencontre, sur un penalty discutable.
Lior Refaelov, ici devant Mory Konate, a marqué le premier but de la rencontre, sur un penalty discutable. - Belga

A défaut d’avancer à la vitesse du candidat avéré aux Playoffs 1 qu’il prétend être, Anderlecht a au moins le sens du partage. Depuis le succès qu’il était allé arracher à Sclessin le 19 septembre, il n’a en effet aligné que des matchs nuls qui, assez paradoxalement, ne l’ont pas toujours été tant que cela. Après avoir accroché Gand, Ostende et Bruges, les hommes de Vincent Kompany ont remis le couvert sur la pelouse synthétique de Saint-Trond (2-2), dimanche. Mais cette fois, ils peuvent s’estimer heureux du résultat final, pourtant concédé in extremis par la faute d’un auto-but de Harwood-Bellis.

Au terme de ce match enjoué, spectaculaire et aussi riche en buts qu’en polémiques, il y avait pourtant comme un goût partagé de trop peu. Du côté Trudonnaire, on regrettait que le but d’ouverture de Refaelov ait été inscrit à la suite à un penalty imaginaire qu’aurait commis Schmidt. « J’ai revu les images et elles confirment mon sentiment initial », fulminait Dennis Schmitt, l’adjoint de Bernd Hollerbach, suspendu dimanche. « Notre gardien ne touche pas du tout Kouamé ! Pourquoi le VAR n’intervient-il pas sur ce mauvais jugement de l’arbitre ? C’est incompréhensible et d’autant plus frustrant et injuste que sur une autre action, Hayashi a été clairement retenu par le maillot dans le rectangle. »

Sur le deuxième penalty anderlechtois, pas très clair lui non plus, le T2 limbourgeois eut toutefois le bon goût de ne pas en rajouter une couche. « Durkin joue clairement le ballon mais il a peut-être légèrement heurté Raman. Heureusement, on a su réagir à deux reprises. Dès le début, on a exercé un pressing très haut et on a constamment gêné les Bruxellois. »

Et Anderlecht dans tout cela ? Malgré la déception d’avoir vu son équipe se faire rejoindre à la 94e minute, Vincent Kompany ne contredisait pas son jeune collègue au sujet de la gêne occasionnée par son hôte enthousiaste, qui compte en ses rangs quelques footballeurs séduisants comme le revenant Brüls, le costaud Konaté ou le vif mais maladroit Hayashi. « On ne doit pas se plaindre du résultat », constatait Kompany. « On a péché au niveau de la construction, notamment dans l’entrejeu, d’où il nous a été difficile de trouver la profondeur. Au-delà de cela, on n’était pas à niveau collectivement. Malgré cela, on aurait pu s’imposer contre le cours du jeu, ce qui aurait en quelque sorte effacé les fois où on aurait mérité davantage. »

Pilonné par l’armada jaune et bleue, qui a tenté 26 tirs pour « seulement » 10 en face, Anderlecht est apparu perdu dès un premier quart d’heure catastrophique mais il a eu des périodes plus consistantes. Etant donné que Murillo avait encore joué jeudi avec le Panama au Canada, Kompany avait préféré offrir une première titularisation à Mykhailichenko sur le flanc gauche défensif, à charge pour Sergio Gomez de se décaler à droite. Devant, l’association offensive entre Zirkzee et Kouamé ne fut pas une franche réussite. Si le premier toucha bien la latte en première mi-temps, le second passa complètement à côté de son match sans recevoir le changement qui aurait pu le lui faire comprendre.

En attendant, après avoir su profiter de ces deux penaltys généreux, Anderlecht poursuit sa moisson d’unités individuelles qui le font avancer à un rythme de sénateur. Etonnamment, même s’il précisa qu’il ne voulait pas se trouver d’excuses, l’ancien Diable rouge fustigea également l’arbitrage de M. Boucaut sur la phase du but égalisateur. « Murillo subit un bloc de deux joueurs trudonnaires et ne peut pas aller au ballon. Ce qui est bizarre, c’est qu’on a reçu des consignes strictes nous précisant que les blocs sont désormais proscrits. Ici, on a l’exemple ultime d’un bloc qui a des conséquences fâcheuses pour nous puisqu’on encaisse sur cette phase. Alors soit on sévit de manière uniforme quand de telles actions se passent, soit les règles ont changé. Si tel est le cas, qu’on nous le dise alors, histoire qu’on puisse les travailler à l’entraînement. »

Du boulot, les Anderlechtois n’en manquent pourtant toutefois pas, surtout s’ils ambitionnent de plumer d’autres oiseaux aussi coriaces que ces séduisants Canaris…

Les bulletins des Mauves à Saint-Trond: Van Crombrugge a maintenu le navire à flots

Les bulletins des Mauves à Saint-Trond: Van Crombrugge a maintenu le navire à flots
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7 Van Crombrugge : trois sauvetages essentiels durant les 20 premières minutes, puis il a arrêté ce qui était… arrêtable. Il a maintenu le navire à flots.

6 Gomez : aligné d’abord en position d’arrière droit, il a souvent cherché son pied gauche pour intervenir. A eu le mérite de transformer le 2e penalty. Plus à l’aise en 2e mi-temps quand il permuta avec Mykhailichenko. A se demander d’ailleurs pourquoi Anderlecht n’avait pas débuté de cette manière.

5 Hoedt : en grosse difficulté face à la vivacité de Hayashi. N’est pas arrivé à maintenir sous cloche le Japonais, qui heureusement, manque cruellement d’efficacité devant le but.

5,5 Harwood-Bellis : lui, dans l’axe, devait se frotter à Hara, au physique plus imposant que celui de Hayashi. Un rien meilleur que son compère Hoedt. Par contre son intervention sur le dernier retour au score trudonnaire est, à tout le moins, maladroite.

5 Mykhailichenko : pris en tenaille, sur le coté gauche, entre Bruls, qui s’est promené à certains moments, et Bauer, l’Ukrainien a passé un sale après-midi. Les vagues naissaient dans son couloir sans qu’il puisse les freiner.

6 Cullen : l’homme de ménage. Il nettoie sa zone et joue un rôle important de stabilisateur. Cependant, pas assez présent à la construction. A sa décharge, il revenait de blessure.

7 Olsson : a beaucoup bossé entre les lignes et a essayé de distribuer le jeu. On a aimé sa disponibilité et la finesse de son style. Il pourrait devenir le meneur de jeu que réclame Anderlecht.

5,5 Refaelov : homme libre, penchant le plus souvent coté gauche, il ne doit plus rien démontrer au plan technique. Par contre on attend davantage de décision en zone rouge.

5 Amuzu : doit simplifier son approche et peut-être même apprendre la modestie. N’apporte pas suffisamment. Remplacement logique.

5 Zirkzee : ne pèse pas sur la défense et n’offre aucune fulgurance. Un grand talent, sans doute, toutefois cela ne suffit pas.

5 Kouame : insuffisant dans ses déplacements et ses appels en profondeur. On ne l’a vu que sur la phase où il prétend avoir été accroché par le gardien…

Les remplaçants.

6 Verschaeren : il a offert de l’électricité au déroulé anderlechtois. Coupable du coup franc qui a permis à Saint-Trond d’égaliser.

6 Raman : il a provoqué le deuxième penalty.

NC Ashimeru, Ait El Hadj et Murillo.

Kouamé a provoqué le premier penalty: «Me laisser tomber? Je voulais marquer»

Et le Stayen s’est rappelé que jadis il était un enfer pour les visiteurs. Il aura fallu pour cela qu’un sentiment d’injustice traverse les travées. À l’issue d’un premier round mené tambours battants, les Trudonnaires se font cueillir à la sortie des vestiaires. Boulevard dans la défense. Christian Kouame s’y engouffre. Face-à-face avec Schmidt. Duel. L’attaquant d’Anderlecht s’effondre. « Suite à un coup de vent » disent les Limbourgeois. « Non, le gardien me touche la cheville », assure l’Ivoirien. L’arbitre M.Boucaut tranche. Penalty. « Se voir infliger de tels coups de réparation, il n’y a rien de plus frustrant », fulmine Dennis Schmitt.

Anderlecht se sera tiré de la cage des Canaris à la faveur de deux penalties. Christian Brüls, le roi du terrain, ne se réfugie nullement derrière ces coups du sort. « Il y va de notre responsabilité. Cette rencontre, nous devions la remporter. Nous avons gâché beaucoup trop d’occasions. » Il a raison.

Anderlecht s’attendait-il à être secoué comme il le fut ? « Dans un sens, oui », répond Kouame. « Nous sommes attendus partout parce que notre club porte un nom prestigieux. Je ne vais pas nier que Saint-Trond nous a bousculés et qu’il a bien manœuvré. Je n’en suis pas moins déçu du résultat. »

Pour l’avant-centre des Mauves, tout s’est joué juste après l’ouverture du score. « Nous nous sommes laissés emporter par notre désir de vite marquer un second but. Il ne faut pas agir de la sorte. Il convenait de calmer. De poser notre jeu. Provoquer la faille. Nous avons manqué de patience. »

Attiré au parc Astrid pour alimenter le marquoir, Christian Kouame, utilise précisément cet argument, pour… une fois encore convaincre qu’il ne s’est pas laissé tomber à la 47e minute : « J’allais passer Schmidt. Je voulais absolument marquer. »

Surpris par une égalisation tombée dans les ultimes secondes, le Sporting reste certes invaincu depuis un mois, toutefois, il accuse un 4e nul d’affilée. Ceci ne lui permet pas d’avancer de manière notable au classement. « Il faut rester soudé. Montrer que notre groupe est fort », clame Kouame. « Les succès vont arriver. »

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