Budget fédéral: 50 à 150€ net en plus avec la réduction de la cotisation spéciale

Budget fédéral: 50 à 150€ net en plus avec la réduction de la cotisation spéciale
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Le cabinet du ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) ne donne pas beaucoup de détails concrets sur la mesure. « Il y aura un gain en pouvoir d’achat pour tous ceux qui participent activement au marché du travail », indique-t-il.

Pour les salaires les plus bas, cette cotisation spéciale peut être un piège à la promotion, que le ministre des Finances veut supprimer. Une personne qui travaille par exemple un an au salaire minimum paie 57 euros de cotisation spéciale par an. Si son salaire brut est augmenté de 100 euros, sa cotisation spéciale grimpe à 152 euros par an. Elle perd donc un mois d’augmentation brute.

Et on arrive très vite au plafond de 731 euros par an qui a été fixé pour cette cotisation, puisqu’il est d’un peu plus de 60.000 euros par ménage.

Selon plusieurs journaux flamands, l’intention du gouvernement serait de diminuer le tarif de cette cotisation de 9 % à 7 %, et d’en abaisser le plafond de 731,3 euros à 581 euros par an. Au gouvernement, on évoque un gain de 50 à 150 euros par an, selon les revenus du ménage. Par contre, peu de célibataires en profiteront.

Cette réforme devrait entrer en vigueur le 1er avril 2022, ce qui explique que 225 millions d’euros seulement ont été budgétés pour 2022, alors qu’on passe à 300 millions en 2023 et 2024.

« Vous êtes un homme maltraité par vos partenaires »

« Vous êtes un homme maltraité par vos partenaires, et je dis cela avec une certaine empathie », a ironisé François De Smet à l’adresse du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld). Dans son intervention lors du débat sur la déclaration de politique générale, le président de DéFI a jugé que le budget comportait « de bonnes idées, mais sans véritable souffle », dénonçant des « négociations perpétuelles » au sein de la majorité.

Selon lui, « ce qui est intéressant, ce n’est pas ce que vous dites, mais ce que vous ne dites pas », a-t-il déclaré, notamment en référence à la réforme des pensions, non inscrite au budget 2022. « Il est peu vraisemblable qu’il ne se passe rien sur les pensions. Est-ce que la ministre (Karine Lalieux – PS, ndlr) va déposer une note de politique générale dès 2022 ? », s’est-il demandé.

« Le nom de la Vivaldi ne peut être accolé à ce jour à aucune réforme, à aucun chantier d’envergure. Il y a toujours des oubliés : les femmes qui doivent avorter aux Pays-Bas, les classes moyennes, les migrants. Il est difficile de comprendre où vous allez. Il n’y a pas de véritable cap. Vous êtes des gestionnaires, alors que nous avons besoin de visionnaires. »

« S’il n’y a pas d’accord, le dossier reviendra au gouvernement »

« S’il n’y a pas d’accord entre les partenaires sociaux (sur la réforme du marché du travail annoncée par le gouvernement), le dossier reviendra au gouvernement, comme nous l’avons fait pour l’accord interprofessionnel (AIP) », a indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld).

Lors du débat sur la déclaration de politique générale, le Premier ministre était interrogé sur la manière dont la concertation sociale allait s’opérer. «’Nous voulons le faire de manière concertée. Mais s’il n’y a pas d’accord, nous exécuterons l’intention. Et l’intention, c’est par exemple de travailler plus une semaine et moins la semaine suivante… »

Le Premier ministre a en outre justifié l’absence de la réforme des pensions annoncée en septembre par la ministre Karine Lalieux dans le budget 2022. « Les gens demandent leur pension une année à l’avance. On ne peut donc pas faire une réforme des pensions qui aura un impact sur le budget 2022, c’est l’argument technique. L’argument politique, c’est que vous ne pouvez pas mettre les gens devant le fait accompli ». Alexander De Croo a ajouté que la réforme entrerait en vigueur d’ici 2, 3 ou 4 ans. « Nous avons convenu avec Mme Lalieux de séparer cette discussion de la discussion budgétaire. Nous aurons cette discussion dans les mois qui viennent. »

« Un peu de tout et beaucoup de flou »

« Un peu de tout et beaucoup de flou » dans le budget 2022, a jugé la cheffe de groupe cdH Catherine Fonck. La Chambre poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi le débat sur la déclaration de politique générale, alors que le vote de confiance est attendu jeudi après-midi.

Pour les humanistes, « on n’a guère avancé, c’est presque un retour à la case départ. » « On a vu des grandes promesses et de grandes annonces de lendemains meilleurs : sur la facture énergétique, deux trains par heure, des trains gratuits pour tous, soutenir les soignants, etc. Les partis de la majorité ont fait croire que tout était possible. ’The sky is the limit’ (’le ciel est la limite’ en français, NDLR). Et beaucoup de citoyens y ont cru. Autant d’illusions suivies de désillusions… L’écart entre les promesses, les annonces, les surenchères et les actes est immense. Et cela participe à alimenter la surenchère des partis extrémistes », a lancé Mme Fonck. « Vous êtes beaucoup plus clairs sur les dépenses que sur la manière dont vous allez les financer », a-t-elle ajouté.

Catherine Fonck a notamment pointé l’annonce du gouvernement de procéder à des investissements à hauteur d’un milliard d’ici 2024. « Pour atteindre 3,5 % du PIB en investissements en 2024, 1,5 milliard par an d’ici 2024, à côté du plan de relance était annoncé. Il y a un recul à un milliard d’euros sur 3 ans. C’est bien dommage. Une fois que l’on annonce quelque chose, on ne peut pas modifier le cadre. »

« J’espère que les lignes bougeront pour les classes moyennes dans les semaines à venir », a-t-elle également déclaré à propos des mesures prises pour limiter l’impact de l’augmentation des prix de l’énergie sur les ménages.

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