Projet Carrefour Molière: Brugmann soutient les riverains 120 ans après sa mort !

L’actuel magasin.
L’actuel magasin. - D.R.

Georges Brugmann était un banquier et un mécène de la fin du 19e siècle bien connu à Bruxelles. A cette époque, il fit don de très nombreux terrains à bâtir aux communes d’Ixelles, d’Uccle et Forest. 120 ans après sa mort, le généreux mécène fournit peut-être un argument de droit décisif aux riverains dans leur opposition à un projet immobilier qu’ils jugent démesuré.

Georges Brugmann.
Georges Brugmann. - D.R.

En effet, il assortit les donations de ces nombreux terrains d’une condition coulée dans deux arrêtés royaux qui retrouvent toute son actualité aujourd’hui. On l’appelle la « Convention Brugmann ».

« Soucieux d’environnement avant l’heure, le mécène a en effet interdit que les parcelles dont il faisait don puissent être bâties sur plus de 60% de leur surface dans le Quartier Berkendael. » précise le Comité Chapelié-Molière-Waterloo dans un communiqé. « C’est là la trouvaille que d’intenses recherches quasi-archéologiques réalisées dans les archives du SPF Justice par une avocate du quartier dans les vieux Moniteur Belge de 1902 et de 1904 ont permis de découvrir. »

L’extrait du Moniteur de 1902 concerné.
L’extrait du Moniteur de 1902 concerné. - D.R.

Et cette interdiction de bâtir sur plus de 60% des parcelles ayant appartenu à Georges Brugmann est encore valable actuellement, estiment les riverains. « En effet, la commune d’Ixelles demande aujourd’hui encore aux notaires qui instrumentent des ventes immobilières dans le quartier à bien signaler à l'acheteur que le bien est soumis à cette limitation imposée par la Convention Brugmann ».

Or le projet de nouveau supermarché et de 72 nouveaux logements envisagé par Fédérale Assurance n’a tenu aucun compte de cette Convention Brugmann et il excède cette limite des constructions voulue par Brugmann.

Dès lors, avertit le comité, « les riverains veilleront à ce que la mémoire et la volonté du mécène Georges Brugmann soient respectées (« Nemo legem ignorare censetur », dit l’adage latin), lors de la commission de concertation de ce mercredi 13 octobre qui examinera ce projet immobilier. » Ils rappellent que 195 réclamations ont été déposées durant l’enquête publique.

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