Nouvelle manifestation contre la réforme du code pénal sexuel à Bruxelles

Nouvelle manifestation contre la réforme du code pénal sexuel à Bruxelles
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Les militantes, dont certaines portaient un masque buccal barré d’une croix, ont brandi sous une pluie battante des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «La culpabilité doit changer de camp», «Une justice plus juste pour les femmes», «Moins de gnons, plus de vraies sanctions», «Non à la dépénalisation du proxénétisme», «Basta, on veut un vrai changement de justice» ou encore «Non à la réforme pénale».

Le réseau Faces, qui regroupe des organisations comme La voix des femmes, Le monde selon les Femmes, Mouvement pour l’égalité des femmes et des hommes, Université des femmes, le Collectif des femmes de Louvain-La Neuve et Vie féminine (qui fait partie du Mouvement ouvrier chrétien), demande le gel de la réforme du code pénal sur les matières sexuelles. Il estime «qu’elle ne correspond pas aux problématiques de terrain auxquelles font face les femmes et qu’elle ne va qu’amplifier les difficultés rencontrées pour condamner les auteurs», a expliqué la présidente du Mouvement pour l’égalité des femmes et des hommes, Donatienne Portugaels.

«De manière transversale, le problème est qu’il faudra prouver que l’auteur a agi délibérément et volontairement pour qu’il soit condamné», a-t-elle pointé. Toute protection des victimes sera ainsi rendue inefficace, ont déploré les membres de Faces.

Une agression ne pourra être qualifiée d’infraction que si l’auteur l’a commise «délibérément, avec une pleine connaissance et volonté», a précisé le réseau d’organisations. «Si la victime est une personne vulnérable, il lui incombera de démontrer que sa situation de vulnérabilité était manifeste ou connue de l’auteur», a-t-il ajouté. De même, si l’auteur est dans une position d’autorité ou de confiance, la victime mineure devra également démontrer que l’auteur à «effectivement utilisé sa position». La charge de la preuve pour les victimes ne va être qu’alourdie, a regretté Mme Portugaels.

Les associations mobilisées ont par ailleurs dénoncé la définition de l’inceste, qui «ne concerne que les personnes mineures», et ont manifesté leur crainte quant à la protection des victimes de traite des êtres humains, qui pourrait être rendue «quasiment impossible». Selon elles, le projet de loi «facilitera le proxénétisme, la prostitution des mineures et la traite des personnes».

Faces compte à présent demander un rendez-vous au ministre de la Justice et écrire aux parlementaires afin que ceux-ci gèlent le projet de réforme. «Nous sommes pour une réforme, mais une réforme efficace», a conclu Mme Portugaels.

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