Les ministres socialistes épargnés par la manifestation de la FGTB

Les ministres socialistes épargnés par la manifestation de la FGTB
Belga

Des milliers de militants du syndicat socialiste sont descendus vendredi matin dans les rues de Bruxelles pour manifester contre la loi sur la norme salariale. À l’issue de leur manifestation nationale, les principaux dirigeants de la FGTB ont lourdement attaqué les partis de droite du gouvernement et le patronat. Les ministres des partis socialistes ont, eux, été épargnés.

Une capitale tout en rouge

C’est la première fois depuis la crise du coronavirus qu’une manifestation syndicale traversait le centre de Bruxelles, en allant du nord au sud. La capitale n’était colorée que de rouge : seuls les militants de la FGTB y ont en effet participé, tandis que les syndicats chrétien et libéral n’avaient pas appelé à manifester.

Selon la FGTB, entre 15.000 et 20.000 manifestants y ont pris part, tandis que la police a avancé le chiffre de 7.000 personnes.

La loi sur la norme salariale ne convainc pas

Les manifestants se sont réunis pour dénoncer la loi sur la norme salariale. Si les salaires ne sont autorisés à augmenter que de 0,4 % cette année et la prochaine – en plus de l’indexation de 2,8 % – les dividendes sont, eux, en hausse, selon le syndicat rouge. « Nous voulons avertir que de plus en plus de personnes ont du mal à joindre les deux bouts. Alors que les bénéfices des entreprises ont augmenté de 200 % en 20 ans, les salaires n’ont crû que de 100 % au cours de cette période », déplore Miranda Ulens, secrétaire générale de la FGTB.

Les partis de droite visés

Les responsables du syndicat socialiste s’en sont pris aux employeurs et aux partis de droite du gouvernement, le MR et l’Open Vld. Ceux-ci ont montré leur « mépris » pour les travailleurs, a-t-on entendu vendredi, par leurs attaques contre les chômeurs et le système de retraite. Et si ces employeurs et les partis de droite veulent toucher à l’indexation automatique des salaires, il s’agira ni plus ni moins d’une « déclaration de guerre », a prévenu Thierry Bodson.

Pas un mot en revanche sur les partis de gauche au gouvernement alors que le socialiste francophone Pierre-Yves Dermagne en est le ministre de l’Emploi. « Les socialistes du gouvernement ne sont pas aveugles à la réalité. Ils sont à l’écoute de nos demandes », commente Miranda Ulens.

Sans accord, les syndicats ne négocieront pas

Si cette loi salariale n’est pas modifiée, le syndicat ne participera pas aux négociations d’un prochain accord interprofessionnel, a menacé son président Thierry Bodson.

« Nous ne voulons pas aller à la table des négociations pour l’accord interprofessionnel 2023-2024 avec la loi de 1996 telle qu’elle est aujourd’hui. On veut une modification de cette loi, notamment que la norme soit indicative et non plus impérative. Avec cette norme impérative et transversale, on nous impose la même marge de négociation chez les coiffeurs que chez Pfizer, ce qui n’a aucun sens. On ne peut pas alors que la banque nationale annonce une croissance de 8 à 9 % pour 2021-2022, on ne peut pas travailler avec une loi qui va nous annoncer une norme de 1 à 2 % », a-t-il lancé.

« On se réjouit de cette grande marée rouge sur Bruxelles. On est là pour revendiquer une plus juste répartition des richesses via les salaires. Il faut qu’ils puissent permettre aux gens de vivre décemment et de faire face à l’augmentation des prix. Il y a beaucoup de travailleurs pauvres, notamment à Bruxelles. On est là dans la rue pour cette justice sociale. On continuera les mobilisations jusqu’aux prochaines négociations s’il le faut. Les salaires sont aussi un moteur de l’économie et si on veut une vraie relance post-covid, cela passe aussi par les salaires », a déclaré Estelle Ceulemans, secrétaire générale FGTB à Bruxelles.

Pour les manifestants, la loi écrase « leurs salaires »

« La vie augmente mais les salaires sont bloqués », a témoigné un manifestant qui travaille pour l’entreprise Coca-Cola. « Quand on entend les salaires des ministres à la télévision, ça fait mal. L’écart se creuse. Nous, nos salaires sont négociés dans une mini-fourchette. Je n’ai pas particulièrement à me plaindre chez Coca-Cola qui est une grosse société, mais on nous en demande quand même de plus en plus et on restructure de plus en plus ».

La banderole en tête de la manifestation indiquait : « La loi sur les salaires écrase nos salaires ». La marche était, comme souvent, accompagnée du bruit des pétards et des sifflets. Le parti d’extrême gauche PTB était également bien présent.

À noter que certains manifestants ont évoqué les prix élevés de l’énergie. « Salaires +0,4 pour cent, électricité +25 pour cent » était-il ainsi écrit sur une pancarte tenue par un manifestant.

La manifestation s’est déroulée sans incident. La majorité des militants portaient un masque buccal.

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