L’agent de liaison au sein de la Cocof ne fait pas l’unanimité

L’agent de liaison au sein de la Cocof ne fait pas l’unanimité
Belga

La création, au sein de la Commission communautaire française de Bruxelles (Cocof), d’une fonction d’agent de liaison et la désignation d’Olivier Maingain (DéFI) à ce poste ne fait pas l’unanimité sur l’échiquier politique francophone de la capitale, est-il ressorti mercredi d’interpellations lors de la séance de rentrée du parlement bruxellois francophone.

Deux ans après son installation, le collège de la Cocof a décidé en juillet dernier de créer le poste non rémunéré de délégué aux relations Wallonie-Bruxelles et de le confier à Olivier Maingain.

Cette décision concrétise un accord pris lors des négociations gouvernementales à Bruxelles de l’été 2019 mais qui ne figurait dans aucune des déclarations politiques de législature des entités francophones. La création de cette fonction d’agent de liaison entre les institutions wallonnes et bruxelloises a fait couler beaucoup d’encre depuis lors.

Le Mr et le cdH n’ont pas caché leur mécontentement

Mercredi, les chefs de groupe MR et cdH au parlement francophone bruxellois, Gaëtan Van Goidsenhoven et Christophe De Beukelaer, n’ont pas caché tout le mal qu’ils pensaient de cette fonction destinée à être assurée jusqu’en janvier 2024, moment de la remise du rapport final de son titulaire.

Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) aurait voulu en savoir plus sur le revirement de situation intervenu en juillet dernier, alors que la ministre-présidente de la Cocof, Barbara Trachte (Ecolo), n’a guère caché, ces deux dernières années et jusqu’à la création formelle de cette fonction, que celle-ci interférerait avec ses propres compétences.

Pour lui, comme pour le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) qu’il a récemment interrogé à ce propos, « la solidarité nécessaire entre francophones doit avant tout se déployer au sein des politiques menées par les institutions existantes ». La création de ce poste est donc « vide de sens ». Cela ne pourra qu’apporter davantage de confusion au sein du paysage institutionnel actuel.

« Cette création d’une énième couche institutionnelle est problématique et n’est pas perçue, en Fédération et en Région wallonne, comme un moyen d’améliorer les choses. J’espère que l’on se rend compte du ridicule de cette guéguerre de pouvoir », a dit pour sa part Christophe De Beukelaer.

Déposition d’une proposition de motion

Les deux élus de l’opposition ont déposé une proposition de motion pour tenter d’obtenir l’audition d’Olivier Maingain au parlement à propos de sa mission.

À leur grand dam, la ministre-présidente Barbara Trachte s’est contentée, dans sa réponse, de livrer les détails et les balises de la mission du délégué sans en dire davantage sur le contexte politique de l’accord intervenu entre partenaires de la majorité.

Michaël Vossaert et Christophe Magdalijns (DéFI) ont quant à eux soutenu que l’accord politique intervenu démontrait une volonté de travailler à une meilleure efficacité des institutions francophones sans remettre en question le rôle des ministres-présidents. Cette mission exercée dans le cadre d’une fonction temporaire sera soumise à un contrôle du collège. Elle contribuera à la préparation des francophones à la prochaine réforme de l’État, ont-ils dit.

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