Les avocats et la famille de Paul Rusesabagina plaident pour son retour en Belgique

Les avocats et la famille de Paul Rusesabagina plaident pour son retour en Belgique
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L’homme, connu pour avoir permis le sauvetage de plus d’un millier de personnes durant le génocide de 1994, ne dispose que de cinq minutes de conversation téléphonique par semaine, le vendredi. Sa famille n’était donc pas encore en mesure de savoir s’il a été mis au courant de sa condamnation, a expliqué une des filles de l’accusé, Carine Kanimba.

«Notre mari et père, Paul Rusesabagina, a été enlevé, torturé et maintenu à l’isolement. Il a été forcé de subir un procès inéquitable l’année dernière. Nous savions depuis le jour de son enlèvement que le jugement serait coupable pour plusieurs chefs d’accusation ou l’intégralité de ceux-ci», a déploré Roger Rusesabagina, fils de l’ancien hôtelier dont l’histoire a inspiré le film «Hotel Rwanda».

La fille aînée de celui qui est devenu un féroce critique du président Paul Kagame, Lys Rusesabagina, a appuyé les propos de son frère et appelé la communauté internationale à agir avant qu’il ne soit trop tard, tout comme Taciana Rusesabagina, l’épouse du citoyen de nationalité belge, qui a peur pour l’état de santé de son mari.

Les avocats de Paul Rusesabagina, Mes Peter Choharis, Vincent Lurquin, Philippe Larochelle et Kate Gibson ont ensuite pris la parole. «Cela fait un an que nous n’avons pas de communication directe avec notre client, tandis que les communications indirectes sont rendues très difficiles. Il n’y a pas eu de confidentialité, de secret professionnel ou de procès équitable, les juges n’ont pas autorisé Paul Rusesabagina à être assisté par ses avocats internationaux», a rappelé Me Choharis, qui s’est néanmoins dit «optimiste» depuis les réactions des gouvernements des États-Unis et de Belgique, du Parlement européen et du Congrès américain à la condamnation.

«Nous avons demandé depuis le départ de faire un transfèrement, de faire en sorte qu’on puisse continuer le procès et l’instruction ici en Belgique. C’était les Rwandais qui nous avaient demandé d’ouvrir cette instruction. Elle est toujours en cours. Faisons en sorte de permettre à Paul Rusesabagina de venir en Belgique, d’avoir ce débat judiciaire», a plaidé Me Lurquin.

Les avocats ont par ailleurs expliqué qu’en cas de procédure judiciaire classique, ils seraient allés en appel, mais «n’ayant pas à faire à une cour indépendante», ils ignorent encore quelle pourrait être la solution. Ils poursuivent néanmoins plusieurs pistes en dehors du système rwandais et ont par exemple déposé une requête devant le Rapporteur spécial sur la torture des Nations unies.

L’ancien directeur de l’Hôtel des Mille Collines à Kigali a été reconnu coupable «d’avoir fondé et d’appartenir» au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019. La prison à vie avait été requise contre lui mais le tribunal a décidé «de réduire sa peine à 25 ans», a déclaré la juge Beatrice Mukamurenzi, soulignant que M. Rusesabagina «a reconnu certains des crimes et s’en est excusé» et qu’il s’agit de sa première condamnation.

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