La taxe kilométrique dommageable pour de nombreuses familles

La taxe kilométrique dommageable pour de nombreuses familles
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En l’état actuel du dossier, le modèle de taxation kilométrique intelligente du gouvernement bruxellois aura un impact négatif sur un certain nombre de familles confrontées à l’obligation d’utiliser la voiture pour tout ou partie du trajet lié au déplacement vers l’école, affirme lundi la Ligue des Familles, à l’occasion de l’ouverture de la Semaine de la mobilité.

En décembre dernier, le gouvernement bruxellois a approuvé une première version de la taxe kilométrique. Contesté notamment au nord et au sud du pays, le texte est encore loin de l’adoption et rien ne dit qu’il entrera en vigueur avant la prochaine législature.

Selon la ’Ligue des Familles, aucun des exemples mis en exergue à l’époque par l’équipe Vervoort pour en mesurer l’impact n’examinait la situation d’un parent devant conduire ses enfants à l’école. Sur foi de l’étude chiffrée d’une vingtaine de situations de déplacements quotidiens de familles aux configurations diverses à laquelle elle a procédé, l’association estime que le coût de cette taxe pour ces ménages atteindra entre 200 et 2.500 euros, quoi qu’il arrive, s’agissant de familles qui ne sont pas en mesure de se déplacer autrement qu’en voiture.

Il y a cette maman qui s’occupe seule de sa fille, qui finit de travailler à 17h30 et qui, sans voiture, ne pourrait pas aller la chercher avant la fin de la garderie scolaire à 18h. Ou ces parents séparés qui partagent la garde de leurs enfants: le papa vit à Bruxelles, la maman en périphérie de Charleroi. Pour cette dernière, les longs trajets sont donc inévitables pour conduire les enfants à l’école à Bruxelles. En transports en commun, il lui faudrait? 6 heures par jour pour cumuler tous les trajets.

Dans leur cas, comme dans les 18 autres, soutient la Ligue, outre les difficultés de mobilité qui concernent tous les usages, les familles font face à des contraintes spécifiques qui réduisent voire suppriment les alternatives à la voiture: des chaînes de déplacements multiples (domicile - crèche - école - travail?) à assurer en respectant des contraintes horaires accrues (horaires d’école en plus des horaires de travail; la configuration familiale (quand on est famille monoparentale et qu’on assume seul(e) tous les trajets, quand l’ex-conjoint(e) avec qui on partage la garde des enfants habite loin, quand on n’a aucune aide de proches; et les difficultés d’accès à l’offre de mobilité alternative à la voiture).

La présence d’enfants dans la famille a d’ailleurs un impact important sur le recours à la voiture: les ménages bruxellois sont 49% à avoir une voiture quand ils n’ont pas d’enfants, 66% quand ils comptent un enfant et 71% quand ils comptent deux enfants ou plus. Ceci alors qu’une grande majorité des parents voudraient pouvoir se déplacer davantage en transports en commun ou en vélo s’ils en avaient la possibilité.

«Dans le cas de ces familles, la taxe au kilomètre ne remplira pas son objectif de faire changer les comportements et aura pour seul effet de les appauvrir», a conclu la Ligue des Familles.

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