Laurens Devos, un doublé à Tokyo avant les Jeux Olympiques de Paris ?

Laurens Devos, un doublé à Tokyo avant les Jeux Olympiques de Paris ?
Belga

Pour certains sportifs de haut niveau, le talent n’attend pas le nombre des années. En devenant, à seulement 16 ans, champion paralympique de tennis de table en classe 9 (hémiplégie et infirmité motrice cérébrale), le tout sans perdre le moindre set durant un tournoi paralympique maîtrisé à la perfection, Laurens Devos avait marqué les esprits lors des Jeux de Rio, en 2016. Plus jeune médaillé d’or de l’histoire des Jeux dans sa discipline, élu dans la foulée athlète paralympique de l’année en Belgique, ce jeune garçon à la fois attachant, bosseur et déterminé s’était emparé un an plus tard, à 17 ans, du statut de n°1 mondial qui est toujours le sien quatre ans plus tard, au moment où il aborde l’épreuve olympique avec la ferme intention de se succéder à lui-même au palmarès. En 2018, il avait également accroché à son palmarès un premier titre de champion du monde, lui qui a également déjà régné sur l’Europe à cinq reprises, trois fois en simple et deux fois en double.

Issu d’une famille où le ‘ping’ a valeur de religion – son frère Robin, de six ans son aîné, a autrefois flirté avec le 100 mondial chez les valides –, le natif de Malle (province d’Anvers) s’est naturellement dirigé vers ce sport où ses problèmes de paralysie partielle liés à son handicap ne le gênent visiblement pas outre mesure. Soucieux de toujours progresser, il a également pris pour habitude de se frotter aux meilleurs pongistes valides. Evoluant depuis trois ans et avec un certain succès en faveur de l’équipe de Weinheim, en première division allemande, il a également décroché trois médailles de bronze lors des championnats d’Europe des moins de 21 ans en 2020 et rêve désormais de disputer à la fois les Jeux olympiques ‘classiques’ et les Jeux Paralympiques en 2024 à Paris. « Dans le championnat allemand, le niveau est plus élevé qu’en Belgique, a-t-il expliqué dans les colonnes du Nieuwsblad. Après les Paralympiques, je rêve de disputer des grands tournois afin d’améliorer mon classement chez les valides. De la sorte, je pourrais continuer à progresser, pour espérer me qualifier un jour pour les Jeux Olympiques. »

Manque d’oxygène à la naissance

Devenu hémiplégique en raison d’un manque d’oxygène à la naissance, Laurens Devos en a gardé des séquelles, souffrant d’une paralysie partielle sur le côté droit de son corps. Mais cela n’a en rien altéré sa détermination à atteindre les sommets, bien au contraire. « Petit, on voyait davantage que j’étais handicapé, a-t-il raconté dans le même journal. Je ne pouvais pas faire de mouvement latéral. Les médecins ont même dit que je ne pourrais jamais rouler avec un vélo normal, que j’aurais toujours besoin de roues latérales. Mais si quelqu’un me dit que quelque chose ne va pas être possible, je ne rêve que de prouver à cette personne qu’elle a tort. J’ai donc continué à me battre et, désormais, on remarque à peine que je souffre de paralysie. »

Finalement, la différence majeure entre Rio et Tokyo, outre le fait que Laurens Devos a pu acquérir de l’expérience et davantage de constance, c’est qu’il sait qu’il est désormais attendu au tournant dans ce tournoi dont il est le grand favori. Il est déjà sorti très facilement de sa poule en enchaînant deux succès sur le score de 3-0. Au Brésil, il n’était encore considéré, malgré son statut de n°2 mondial, que comme une – belle – promesse et avait sans doute moins à perdre dans l’aventure. « C’est sûr qu’il y a davantage de pression sur mes épaules, concède-t-il. Mais cela ne me dérange pas. J’ai besoin de cela pour pouvoir prester à mon meilleur niveau. »

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