Renforcement des inégalités suite à la crise du Covid-19 en Région bruxelloise

La crise sanitaire a renforcé les inégalités.
La crise sanitaire a renforcé les inégalités. - TVA

De par la densité importante de sa population et les fortes inégalités auxquelles elle est confrontée, Bruxelles a été fortement impactée par la crise liée au Covid-19. Au-delà de l’impact sanitaire direct du coronavirus, les mesures restrictives prises pour endiguer l’épidémie ont également eu des conséquences sur les conditions de vie, le bien-être et le report de soins des Bruxellois. L’impact sur la santé mentale de la population est particulièrement important. En décembre 2020, les dépressions majeures touchent 18 % de la population bruxelloise, et les troubles du sommeil, 75 % (contre respectivement 6 % et 33 % avant la crise). Les personnes en difficulté socio-économique sont davantage concernées.

De manière générale, les inégalités sociales se sont amplifiées pendant la crise. Au niveau des ressources financières, à l’échelle de la Belgique, le taux d’épargne des particuliers (en % du revenu disponible) a globalement presque doublé en 2020, tandis que dans le même temps, en Région bruxelloise, 30 % de la population a subi des pertes de revenus. Ce pourcentage est supérieur à celui des deux autres régions.

Si beaucoup de personnes ont connu une baisse de leur niveau de vie, le problème le plus aigu réside au niveau des personnes – nombreuses dans la Région – qui passent entre les mailles du filet de protection de la sécurité sociale : indépendants, artistes, travailleurs précaires, étudiants, travailleurs au noir et personnes sans-abri et sans papiers. Ces derniers sont proportionnellement plus représentés en Région bruxelloise qu’ailleurs dans le pays.

Les demandes auprès des services sociaux sont en croissance suite à l’appauvrissement d’une partie de la population, notamment les demandes auprès des CPAS : le nombre de personnes percevant le revenu d’intégration sociale (RIS) est passé de 39.703 en janvier 2020 à 43.481 en décembre 2020 en Région bruxelloise. Cette augmentation de 9,5 % en 2020 a été plus importante en Région bruxelloise que dans les deux autres régions.

Les mesures de confinement ont exacerbé les conséquences des inégalités en termes de cadre de vie en lien avec le logement. Environ 25 % des ménages bruxellois vivent dans un logement « inadéquat » (avec soit des fuites, soit des problèmes d’humidité et/ou de pourriture) et 26 % vivent dans un logement surpeuplé (51 % des personnes avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté).

À moyen et plus long terme, la baisse des revenus subie par une partie de la population, en particulier parmi les personnes moins favorisées, augmente les risques d’accumulation des reports de paiement et de surendettement, notamment en termes d’arriérés de loyer et donc de risque d’expulsions (60 % des Bruxellois sont locataires et que les loyers sont relativement élevés dans la Capitale) ; mais également de factures d’eau et de dettes énergétiques (et donc de risques de coupures).

La crise liée au Covid-19 et les mesures de restrictions prises ont des impacts sociaux majeurs sur la population, et les inégalités sociales dans différents domaines de la vie s’en trouvent renforcées. Or, la Région bruxelloise, en comparaison avec les deux autres régions, est caractérisée au départ par un niveau de pauvreté élevé et des inégalités plus importantes. Selon l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale, il faudra être attentif aux impacts à moyen et long terme sur les publics plus défavorisés, en particulier aux risques de surendettement des ménages suite aux pertes de revenu subies avec la crise et ce dans un contexte bruxellois où le coût du logement reste élevé.

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