Sammy Mahdi n’entend toujours pas négocier et appelle à la fin de la grève

Sammy Mahdi n’entend toujours pas négocier et appelle à la fin de la grève
Belga

«Je ne vais pas négocier», a assuré M. Mahdi en réponse à Hervé Rigot (PS), Eva Platteau (Ecolo-Groen) et Greet Daems (PTB). «Cette situation me préoccupe, je me fais du souci pour la santé de ces personnes et je déplore leur décision de faire cette grève de la faim. Je répète mon appel à y mettre fin. À brève échéance, c’est la seule solution».

L’une des frustrations qui s’exprime, c’est la longueur des procédures en vue d’obtenir une éventuelle régularisation, selon le secrétaire d’État qui dit travailler à y remédier. Mais, à ses yeux, «il n’y a pas de droit au séjour qui existe sur la base d’une procédure de régularisation humanitaire». «C’est une faveur et non un droit», a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’État ne voit pas non plus de solution via un permis unique (soit une demande d’autorisation de travail qui vaut demande d’autorisation de séjour) pour ces sans-papiers qui, pour une bonne part, travaillent pourtant depuis plusieurs années en Belgique. «Cela ne peut être introduit à partir d’un séjour irrégulier», a-t-il dit. Quant à une régularisation fondée sur l’emploi, elle en reviendrait à reproduire l’opération de régularisation de 2009. «Je ne pense pas qu’une nouvelle campagne soit une solution», a-t-il souligné.

Un travail est en cours au cabinet du secrétaire d’État sur l’arrêté royal qui fixe la redevance à payer pour une demande de régularisation (actuellement 366 euros). Pour les députés, ce montant est excessif, certainement pour une demande dont l’acceptation est aléatoire. Il faut donc fixer des critères clairs pour bénéficier de cette possibilité, demandent-ils. «Cela fait dix ans qu’on en parle et, sans solution structurelle, on en parlera encore dans dix ans», a fait remarquer M. Rigot.

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées jeudi devant l’église du Béguinage à Bruxelles pour soutenir la demande de régularisation portée par les quelque 400 sans-papiers en grève de la faim depuis le 23 mai dans l’église et dans les réfectoires de l’ULB et de la VUB. Cette mobilisation était portée par les syndicats CSC et FGTB, le MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien), l’association Pax Christi Vlaanderen, des enseignants des universités, la Fef (Fédération des Étudiants francophones) ou encore le Ciré (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et étrangers).

Plusieurs représentants de ces mouvements ont pris la parole. Ils ont notamment appelé à signer la pétition pour la régularisation liée à la campagne «We are Belgium too». Lancée le 11 mars dernier par la Coordination des Sans-Papiers de Belgique, elle a déjà atteint plus de 26.000 signataires.

Fortes de ce soutien populaire, les associations de sans-papiers espèrent obtenir une audition au Parlement afin que soit entendue leur proposition de créer une commission indépendante pour la régularisation du séjour, sur base de l’article 9 bis de la loi du 15 décembre 1980. Elles réclament des critères clairs et permanents de régularisation tels que les attaches durables et le travail.

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