Affaire Jürgen Conings: une commission sous tension après des fuites dans la presse

Le député Christophe Lacroix
Le député Christophe Lacroix - Belga

La commission de la défense de la Chambre s’est interrompue mercredi midi et reprendra ses travaux à 17h00 pour débattre de l’enquête interne menée par la Défense dans le cadre de l’affaire «Jürgen Conings», ce militaire d’extrême droite en fuite depuis un mois.

Après de longues palabres et des moments de tension entre certains députés, les membres de la commission ont convenu à l’unanimité d’accepter une proposition de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), de reprendre la discussion en fin d’après-midi pour permettre aux parlementaires de prendre connaissance de ce rapport, classé «confidentiel».

Selon le journal ’Le Soir’, qui a publié mercredi des éléments de l’enquête interne menée par l’inspecteur général de la Défense, le général-major Peter Devogelaere, ce rapport met en évidence des failles dans le suivi du caporal-chef Conings, en particulier dans le chef du Service général de renseignement et de sécurité (SGRS, les renseignements militaires).

Ce rapport de 35 pages, rédigé en néerlandais, devait être discuté mercredi. Mais Mme Dedonder a dans un premier temps indiqué qu’il ne pourrait être consulté que dans une salle séparée de la Chambre, sous la surveillance d’un membre de la Défense.

Les députés, tant de la majorité que de l’opposition, se sont montrés indignés voire en colère à la suite de cette fuite - dont la ministre a assuré qu’elle n’était pas responsable - et par la proposition qui leur était faite.

«Je suis fâchée, c’est un manque de respect absolu» (envers le parlement). Nous n’avons même pas eu l’occasion de recevoir ce rapport, a lancé la députée Kattrin Jadin (MR).

Un «respect du parlement» réclamé aussi par l’écologiste Guillaume Defossé.

«Cette manière de travailler est parfaitement inacceptable», a renchéri Georges Dallemagne (cdH), en dénonçant la formule de consultation proposée par la ministre. Il a également reproché à Mme Dedonder d’avoir tenu «une conférence de presse» en répondant à des questions de journalistes avant d’entrer en séance.

«Je ne sais pas pourquoi je suis venu», a pour sa part déclaré Denis Ducarme (MR) en brandissant les coupures du journal ’Le Soir» parlant de l’affaire Conings et en disant comprendre «les réactions un peu vives dans le chef de parlementaires».

Après une suspension de séance et une passe d’armes entre le député Christophe Lacroix (PS) et les élus Vlaams Belang - quand il leur a lancé «les fascistes, vous n’aurez jamais le pouvoir en Belgique» -, la commission a convenu de reprendre ses travaux à 17h00, le temps de permettre à ses membres de prendre connaissance du rapport. Mais sans trancher sur l’épineuse question du respect de la confidentialité du rapport réclamé par certains.

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