La Région bruxelloise se dote d’un plan d’action pour reloger les sans-abri

La Région bruxelloise se dote d’un plan d’action pour reloger les sans-abri
L.L.

Ce recensement reflète la précarité grandissante et réaffirme la nécessaire mobilisation de tous les acteurs (à tous les niveaux de pouvoir) pour d’une part, reloger durablement les personnes sans-abri et d’autre part, lutter en amont contre les causes de la précarité, qui peuvent amener les plus vulnérables dans une situation de sans-abrisme ou de mal logement.

Le Gouvernement bruxellois a décidé de poursuivre l’accueil de ces populations fragilisées. Concrètement, la capacité d’accueil au 1er juin 2021 est de 3.055 places. C’est près de 1.200 places de plus qu’au 1er juin 2019, avant la crise du Covid-19. 190 places d’accueil dans des hôtels sont notamment prolongées jusqu’au 30 avril 2022.

La prolongation de cette capacité d’accueil renforcée s’accompagne d’un plan d’actions. Ce plan vise à reloger durablement 600 personnes et familles d’ici fin 2022. Les 66 logements mobilisés sont répartis en 7 projets sur 7 communes différentes et associent des partenaires divers.

Pour atteindre cet objectif, la Région va renforcer la capacité d’accompagnement des opérateurs Housing First afin de proposer un accompagnement adapté. La qualité de l’accueil d’urgence sera également améliorée.

La capacité d’accueil de personnes vulnérables sera augmentée de 45 places. Le gouvernement va également créer un lieu d’accueil de jour permettant de lutter contre le sans abrisme des jeunes dits « en errance ».

Dans le cadre de l’action 26 du Plan urgence logement, en étroite collaboration avec Madame Ben Hamou (PS), il est prévu de créer une capacité spécifique d’accueil à destination de personnes LGBTQIA+ et à destination de femmes victimes de violence intrafamiliale et de garantir un accompagnement adapté aux besoins spécifiques de ces publics. La plateforme de facilitation de l’installation en logement sera pérennisée et élargie.

Renforcer la prévention

Reloger durablement les personnes sans abri est essentiel mais il est tout aussi primordial d’agir en amont, en renforçant la prévention de la perte de logement. Le coût d’accompagnement d’une personne en logement est quatre fois moins important que le coût engendré par un lit d’urgence : 5.000 euros/an contre 20.000 euros/an. La Région veut donc axer sa politique sur la prévention

Le gouvernement bruxellois, à l’initiative du ministre de la Santé et des Affaires sociales Alain Maron (Ecolo), a renforcé les CPAS à hauteur de 30 millions d’euros. Une partie de cette enveloppe est consacrée spécifiquement à l’accompagnement au logement et à la prévention aux expulsions (1.110.000 euros ont été investis sur ce poste au niveau des 19 CPAS bruxellois).

À côté de cela, le ministre travaille aussi à lutter contre le non-recours aux droits car pour pouvoir s’épanouir comme citoyen, il faut d’abord être reconnu comme tel et disposer de tous ses droits, en particulier de ses droits sociaux.

La question du sans-abrisme en Région bruxelloise est au croisement de plusieurs problématiques : la précarisation croissante des classes populaires et des classes moyennes, le manque de logements abordables ou encore la gestion de l’accueil des personnes migrantes par le Fédéral. L’impact de la crise sanitaire vient aujourd’hui s’ajouter à ces facteurs.

« C’est tous ensemble (région, fédéral, communes, CPAS, secteur associatif, etc.) que nous arriverons à réduire la précarité et le nombre de personnes sans-abri dans la durée, en leur offrant un logement et un accompagnement médico-psycho-social individualisé et adapté pour qu’elles puissent progressivement retrouver leur place dans la société », déclare Alain Maron.

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