2 hommes suspectés d’avoir attaqué le policier au Capitole restent en détention

2 hommes suspectés d’avoir attaqué le policier au Capitole restent en détention
AFP

Julian Khater, 32 ans, et George Tanios, 39 ans, font l’objet de neuf chefs d’inculpation, dont «agression d’un agent avec une arme dangereuse» mais ne sont pas poursuivis pour homicide. Ils sont en détention préventive depuis leur arrestation en mars.

Le sort de Brian Sicknick avait ému de nombreux Américains, choqués par l’attaque du siège du Congrès, le Parlement américain. Sa dépouille avait été exposée au Capitole, un honneur exceptionnel, et Joe Biden lui avait rendu hommage sur place.

Selon des sources anonymes, citées par le New York Times, le policier de 42 ans avait reçu des coups d’extincteur, une version ensuite écartée. Sa mort restait mystérieuse, plus de trois mois après les faits. Brian Sicknick a subi deux accidents vasculaires cérébraux (AVC), avait finalement conclu le médecin légiste de la capitale fédérale Washington.

Selon le rapport du médecin légiste, vers 14h20 le 6 janvier, le policier avait été aspergé d’une substance chimique devant le Capitole. Puis, vers 22h00, il s’était effondré dans l’enceinte du Capitole avant d’être emmené en ambulance dans un hôpital de Washington. Il y est décédé à «environ 21h30» le lendemain.

Le 15 mars, les autorités américaines avaient inculpé Julian Khater et George Tanios, accusés de l’avoir aspergé de «spray anti-ours», un puissant aérosol utilisé dans les zones sauvages des États-Unis pour repousser ces grands mammifères.

Mais lors des auditions de ces deux dernières semaines, l’avocate de M. Tanios, Elizabeth Gross, avait fait admettre aux procureurs que l’une des pièces maîtresses de leur dossier était bancale.

L’accusation affirmait que les deux trentenaires s’étaient rendus ensemble à Washington le 6 janvier, s’arrêtant en chemin chez un marchand d’armes à feu pour acheter du spray anti-ours. Julian Khater l’aurait ensuite utilisé pour asperger M. Sicknick et deux autres officiers alors qu’une foule de partisans de Donald Trump se frayait un chemin dans le bâtiment du Capitole. Mais après l’arrestation de son client, Me Elizabeth Gross a fourni le spray, encore inutilisé, qu’il avait acheté ce jour-là. La défense des deux inculpés a fait valoir qu’ils ne l’avaient pas apporté pour attaquer des officiers, mais pour se défendre en cas de violences, qui s’étaient déjà produites lors de précédents rassemblements pro-Trump à Washington.

Toutefois, Julian Khater a été filmé en train de pulvériser une substance qui a provoqué une réaction physique chez M. Sicknick et d’autres officiers. Admettant qu’ils se sont trompés de spray, les procureurs ont néanmoins soutenu qu’il s’agissait plus probablement d’un spray au poivre. Pour le procureur adjoint, le fait que les deux hommes se sont arrêtés pour s’approvisionner en sprays chimiques, dont un «contre les ours, en pleine ville», a-t-il insisté, suggère une violence préméditée.

Une version que le juge fédéral Thomas F. Hogan a suivie. Après avoir inspecté les images des caméras-piétons portées par les trois policiers blessés, le magistrat a conclu que les deux hommes représentaient encore un danger pour la société, contrairement à de nombreux autres émeutiers du Capitole relâchés sous caution.

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