Pour Justin Cage, l’ailier fort de Mons-Hainaut, il ne manque que le titre!

Justin, le début de saison de Mons-Hainaut est impressionnant. Quelle est votre analyse après les cinq premières rencontres ?

Le début de la saison est toujours important. Il faut apprendre à jouer en équipe, à se connaître. Il faut un peu de temps pour que les nouveaux joueurs prennent leurs marques. Nous n’avons disputé que cinq matches et la marche de progression est encore grande. Nous devons encore apprendre à rectifier nos points faibles et savoir réagir quand nous avons un passage à vide. Nous avons un top coach qui nous aide à grandir et à évoluer match après match.

L’équipe n’a pas vraiment changé par rapport à la saison dernière. Est-ce que cela aide celle-ci à avoir une meilleure cohésion ?

Je pense que chaque joueur a ses propres attentes et le coach essaie de répondre à chacune d’elles. Il nous connaît bien et est très exigeant, mais il sait que tout le groupe est volontaire. Il dialogue énormément et il y a un bel amalgame entre les plus anciens et les plus jeunes joueurs. Il arrive à tirer le meilleur de chacun d’entre nous.

Quels sont vos meilleurs souvenirs avec Mons-Hainaut ?

Tout d’abord, la victoire en coupe de Belgique face à Ostende en 2011. L’ambiance et l’atmosphère étaient électriques, comme dans un match de NBA. C’était tout simplement incroyable. Ensuite, je dirais lorsque j’ai joué contre Mons avec Liège. À ce moment-là, je me suis dit que c’était un club spécial et particulier. Enfin, lorsque nous avons perdu la finale de coupe contre Ostende en 2018. Même si nous avons perdu, cela reste un souvenir ancré dans ma mémoire.

Comment s’habitue-t-on à vivre loin de sa famille en tant que joueur professionnel ?

Je suis parti très tôt de chez moi, quand j’avais 17 ans. Au début, ce n’était pas facile mais maintenant, après autant d’années en Belgique, c’est plus facile à vivre. Dès que j’ai eu fini le Collège et que j’ai pu devenir basketteur professionnel, j’ai saisi l’opportunité. Je savais qu’en m’engageant dans cette carrière, je devrais faire des sacrifices et quitter ma famille. Mon père a toujours été mon plus grand fan et il regardait tous mes matches. Aujourd’hui, mes parents n’ont plus vraiment le temps et le décalage horaire n’aide pas non plus. Je sais qu’ils regardent encore de temps en temps mais c’est un peu plus difficile qu’avant vu leur âge. Ils ont toujours été derrière moi et restent informés de nos résultats.

Comment avez-vous vécu les élections américaines ?

Donald Trump était le président des riches blancs et non celui de la communauté noire. Je n’ai pas du tout apprécié sa façon de diriger notre pays, mais j’ai bon espoir que les choses s’arrangent avec Joe Biden. Je suis originaire d’Indiana, et je sais que ma communauté a été fort affectée par le mandat de Trump. Il a causé énormément de tort et de dégâts aux États-Unis et je suis très heureux qu’il n’ait pas été réélu. J’espère que Biden changera certaines choses et qu’il ramènera les États-Unis sur la bonne voie.

Comment avez-vous vécu la période de pandémie ?

Pour le basket, rien n’a vraiment changé sauf malheureusement le public absent lors des rencontres. D’un point de vue familial, je dois dire qu’on l’a vécue difficilement, comme beaucoup d’entre nous. Quand tu vis dans un appartement et que tu as une petite fille de 4 ans, elle a du mal à rester en place. C’était très compliqué car nous ne voulions prendre aucun risque et à cet âge-là il est difficile de garder un enfant enfermé, elle avait besoin de s’aérer, de jouer et de bouger. Récemment, ma femme vient de se casser la cheville, ce qui n’a rien arrangé. 2020 aura été une année difficile jusqu’à la fin.

Justin, que peut-on vous souhaiter au niveau professionnel et personnel ?

Mon plus grand souhait est que nous soyons champions de Belgique. C’est mon but ultime. Tout le monde fera le maximum pour y arriver. Personnellement, je souhaite que l’année soit remplie de réussite pour ma famille et mes proches et qu’ils soient tous en bonne santé.

Propos recueillis par Charly Mercier

«Mons est vraiment comme ma ville natale»

À la «maison»...
À la «maison»... - News

Onze ans ! C’est le nombre de saisons passées à Mons-Hainaut pour Justin Cage. « J’ai passé une bonne partie de ma vie ici à Mons. J’y ai même rencontré ma femme et nous avons eu une petite fille. Nous sommes d’ailleurs en attente d’une deuxième petite « Miss Cage ». Le club et la ville m’ont apporté beaucoup. J’ai même créé mon réseau de connaissances et d’amitiés autour de Mons. Donc, pourquoi partir d’un endroit quand vous y êtes pleinement épanoui ? »

L’ailier de 35 ans évoque même une relation fusionnelle avec le club. « Je n’ai jamais changé ma façon d’être et de fonctionner depuis que je suis au club. Les fans sont très respectueux et gentils. Parfois, j’ai l’impression qu’on se connaît comme si nous étions amis. Certains connaissent aussi ma fille car elle vient voir mes matches. Par ailleurs, mon épouse est aussi très amie avec l’épouse de Thierry Wilquin. Je me sens à Mons comme dans ma ville natale. Je n’ai jamais eu aucune crainte quant à la rencontre de ma famille et des supporters. Mon rêve est d’offrir le titre à Mons pour rendre tout ce que ce club me donne depuis mon arrivée. »

C.M.

«J’espère que l’année 2021 sera meilleure»

Optimiste avant tout!
Optimiste avant tout! - C.M.

Pour Justin Cage, l’année 2020 fut difficile à vivre émotionnellement tant il y a eu de catastrophes : une explosion dramatique à Beyrouth, des incendies dévastateurs en Australie et des milliers de morts dus au coronavirus. Comme beaucoup de personnes dans le monde, il a perdu un proche à cause de l’épidémie. « J’ai moi-même perdu un oncle à cause de ce virus, donc je peux imaginer à quel point cette période a dû être difficile pour des millions de personnes dans le monde. La situation de 2020 était catastrophique. Beaucoup de gens ont tout perdu : leurs maisons, leurs familles, leurs boulots. D’autres se sont battus pour survivre. Je trouve que c’est une année où le monde a aussi montré beaucoup de solidarité. Certains n’ont jamais abandonné et continuent de lutter pour que nous retrouvions une vie normale. J’espère que l’année 2021 sera meilleure, mais je pense que ça ne peut pas être pire et qu’il faut rester optimiste. »

C.M.

NBA: Brooklyn, son favori pour 2020-21

Luka Doncic au Real.
Luka Doncic au Real. - News

Même s’il adore regarder la NBA, Justin Cage a d’autres priorités. « J’essaie de regarder un peu mais je m’occupe beaucoup de ma fille avec qui j’aime passer du temps. Souvent, je regarde des résumés. J’essaie de rester informé de ce qu’il se passe. » Selon lui, les arrivées de Kyrie Irving et de Kevin Durant peuvent propulser les Nets de Brooklyn vers leur tout premier titre NBA. « J’ai des amis qui jouent dans plusieurs équipes mais cette année, Brooklyn est mon favori, avec notamment un excellent banc. »

Quand on lui parle de Rookie, Justin Cage n’a qu’un seul nom en bouche : Luka Doncic. « Un pur talent. Déjà quand il était au Real Madrid, je suivais ses matches en Euroleague. Je savais qu’il réussirait en NBA. Il crée tellement d’espaces pour ses équipiers. C’est un très bon meneur qui a le physique pour devenir encore meilleur à l’avenir. Je pense que Doncic est meilleur que Lebron James à son âge, mais ils ne sont pas comparables. Chacun a ses qualités propres. »

Pourtant, la vraie légende aux yeux de l’ailier de Mons-Hainaut reste l’unique et le seul Michael Jordan. « Je suis un grand fan de lui, mais j’ai beaucoup de respect pour la carrière de Kobe Bryant. Tout ce que Jordan a réalisé dans sa carrière est juste incroyable. J’ai regardé la série « The Last Dance » sur sa carrière et j’ai adoré. Ils ont réussi à mettre en lumière tout ce qu’il avait réalisé et que certaines personnes ignoraient peut-être. C’est la légende du basket. »

C.M.

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