Immobilier: 6 mois pour les infos urbanistiques à Ixelles

Immobilier: 6 mois pour les infos urbanistiques à Ixelles

Éviter aux citoyens d’acheter un chat dans un sac. Dans ce but, le Code (bruxellois) du logement impose, depuis un peu plus de deux ans, aux communes de fournir des informations urbanistiques plus fouillées qu’auparavant. Résultat, le délai de 30 jours dans lequel il doit être répondu à une demande est loin d’être toujours respecté. À la mi-2015 par exemple, le délai pour obtenir ces renseignements était de 6 mois à la Ville de Bruxelles.

Lors de leur annuelle analyse du marché immobilier bruxellois ce mardi, les notaires ont relevé que le délai d’attente pouvait affecter les transactions. « C’est surtout le cas à Ixelles où on vous précise par écrit qu’il faudra 6 mois pour les obtenir », explique le notaire Olivier Dubuisson. « Or, quand vous faites un emprunt, l’offre de la banque reste valable 3 mois. Parfois, on peut obtenir une prolongation, mais de quelques semaines seulement. Résultat, l’acquéreur peut se retrouver obligé de s’engager sans avoir obtenu ces informations. » Et donc, par exemple, sans savoir si la subdivision de la maison en plusieurs logements a été ou non autorisée via un permis.

« Fin 2016, on s’est aperçu qu’on recevait un nombre croissant de plaintes », admet l’échevine ixelloise de l’Urbanisme Nathalie Gilson (MR). « En décembre, on était à 8 mois de retard. J’ai obtenu de pouvoir recruter temporairement 5 personnes. Un architecte et trois administratifs sont opérationnels et on est passé de 20 à 65 demandes traitées par semaine. Un second architecte débute en mars. Entre mai et juillet, on devrait pouvoir ramener le délai de réponse à quatre mois. »

La Ville de Bruxelles a connu l’évolution inverse. Le nombre de personnes pour s’en occuper est passé de 4 à 8 personnes, le personnel a fait des heures supplémentaires et la fréquence d’acheminement des archives a été augmentée. De ce fait, le délai d’attente a été ramené à deux mois environ. La commune de Forest a, elle, opté pour une solution originale. Avec un tarif d’urgence, comme pour les passeports. Une demande de notaire coûte 200 euros pour une réponse dans les 30 jours mais 400 euros s’il la veut dans les 7 jours. « Cela nous a permis d’engager un agent et de résorber notre retard », justifie l’échevin Jean-Claude Englebert (Ecolo).

Sous 175. 000 euros, plus de taxe

La suppression depuis le 1er janvier du bonus-logement dans la capitale ne devrait pas avoir d’impact sur l’activité, estiment les notaires bruxellois. Elle n’a pas suscité un rush plus particulier vers les notaires juste avant, en décembre. Dépendant du profil de l’acheteur, certains ont anticipé leur transaction pour pouvoir profiter de cet avantage tandis que d’autres ont, au contraire, préféré attendre.

Couplée à des taux d’intérêt très bas, cette suppression sera en effet compensée par le montant de l’abattement des droits d’enregistrement (pour ceux qui achètent leur premier bien) porté à 175.000 euros, ce qui diminue les frais de notaire d’environ 22.000 euros et ne devrait pas manquer d’inciter les acquéreurs hésitants et les jeunes à franchir le pas. Pour pouvoir en profiter, ceux-ci ne doivent toutefois être propriétaires d’aucun autre bien immobilier, en Belgique ou à l’étranger.

À condition toutefois que les banques continuent à prêter 90 à 100 % du prix d’achat du bien, sinon cela risque de ralentir le marché, fait remarquer le notaire ixellois Stijn Joye.

Une légère hausse des prix en 2016

Le marché immobilier à Bruxelles a connu une légère hausse des prix en 2016, relève l’annuelle analyse des notaires de la capitale. La hausse du prix médian a été de 1,6 %. Mais, comme l’indique le tableau ci-dessus, on note de fortes différences d’une commune à l’autre. Avec une hausse moyenne de 15 % à Saint-Gilles et de 13 % à Bruxelles-Ville, ici succédant il est vrai à un repli de 10 % en 2015. Ce phénomène est-il dû au piétonnier et à sa réputation ? « Difficile à dire », estime le notaire Olivier Dubuisson. « Il avait sans doute une image négative au début. Mais il ne faut pas oublier le développement du quartier Dansaert, à proximité du canal. »

Pointons aussi une hausse importante sur la commune d’Uccle (+8,7 %) et de 8 % à Ixelles, où le prix médian atteint 270.000 euros, sans distinction du nombre de chambres. Cela en fait la deuxième commune la plus chère derrière les 296.500 euros de moyenne de Woluwe-Saint-Pierre (-1,2 %) et à égalité avec Woluwe-Saint-Lambert (+2,9 %).

Anderlecht la moins chère

À l’inverse, on pointera une chute moyenne de 5,2 % du prix médian à Anderlecht, qui reste la commune la moins chère, avec un prix médian de 137.500 euros. Et la chute est encore plus forte à Saint-Josse-ten-Noode (-9,4 %) qui, avec 145.000 euros de prix médian moyen, devient la deuxième commune la moins chère, juste derrière Ganshoren (150.000 euros).

On notera encore que la progression des prix se marque plus pour les appartements une chambre (+1,7 %) que pour ceux qui offrent deux chambres (+1 %) mais la hausse se marque surtout pour les appartements de 3 chambres (+ 3,5 %). Particulièrement dans les communes d’Etterbeek, Bruxelles-Ville, Woluwe-Saint-Pierre, Evere et Jette, où le prix médian a grimpé de plus de 10 %.

Parmi les acquéreurs, on trouve de plus en plus de « babyboomers », une génération qui se retrouve dans une maison en périphérie devenue trop grande, une fois les enfants partis, et qui souhaite venir s’installer au centre-ville pour retrouver le confort de commerces de proximité et une palette d’événements culturels à portée de main.

Relevons encore la hausse du prix des maisons (+4,1 %) ainsi que de celui des garages et places de parking (+8,7 % en un an). Ils sont particulièrement prisés dans les quartiers très densément peuplés.

12,5 % d’achats en plus

Le nombre de transactions a progressé de 12,5 % en 2016 et cette tendance devrait se poursuivre grâce à la faiblesse des taux d’intérêt. Grâce aussi à une population plus jeune qui investit et à des personnes plus âgées qui vendent leur habitation au profit d’appartements, plus particulièrement dans des séniories ou des résidences services.

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